
"Nous autres libertins, nous prenons des femmes pour être nos esclaves; leur qualité d'épouses les rend plus soumises que des maîtresses". Sade.
Il m'apparait à propos de la sexualité et du sida, que les femmes se soumettent à la fois une vision plutôt masculine de la sexualité comme vagabonde, et à un refus obscurantiste du débat sur ce sujet.
Avoir une sexualité "libre", sans aucun souci de limitation des partenaires, vision plutôt masculine de la sexualité, est vu comme un droit incontestable. Soit.
Pour nombre de féministes, il en découle que ... "le Pape est un assassin" à cause de ses propos sur le préservatif. Là, on tombe dans l'irrationnel et l'obscurantisme.
Voici deux extraits de textes expliquant la nécessité de recourir à la responsabilité sexuelle et pas seulement au préservatif pour faire reculer le sida.
http://www.lamanchelibre.fr/8220L8217echec-du-tout-preservatif-en-Afrique-est-une-realite8221,1.media?a=4810
L’échec du tout préservatif en Afrique est une réalité”
Epidémiologiste, René Ecochard a signé un texte avec quatre spécialistes pour défendre les propos de Benoît XVI sur le sida.
Pourquoi avez-vous signé ce texte en faveur de Benoît XVI ?
“Je me rends trois à quatre fois par an sur le terrain en Afrique et le service de biostatistique que je dirige à Lyon abrite plusieurs chercheurs à temps plein qui travaillent sur une cohorte de patients traités contre le sida à Dakar (la plus ancienne de l’Afrique). Nous sommes fréquemment en Afrique depuis 1984.”
Quel était l’objet de ce texte ? Que souhaitiez-vous rappeler ?
“Le titre de ce texte était bien choisi : “Le discours de Benoît XVI sur le préservatif est tout simplement réaliste”. Il y a eu une erreur de compréhension dans l’opinion. Les gens ont cru que le Pape parlait de l’efficacité du morceau de plastique qu’est le préservatif alors qu’il s’exprimait en réalité au sujet des campagnes de diffusion du préservatif. Cela est très différent.”
Pourquoi ?
“Comme tout objet technologique de prévention, le préservatif a une efficacité quantifiée. Mais dès le début de notre réponse, nous avons précisé que nous ne souhaitions pas évoquer ce sujet puisqu’il n’avait pas été abordé par Benoît XVI. La problématique est ailleurs : tous les épidémiologistes sont d’accord aujourd’hui pour dire que les campagnes de diffusion, dans les pays où la proportion de personnes touchées est très élevée, ne marchent pas. Ce qui peut être efficace chez nous, là où la proportion des gens concernés est très faible, n’a pas le même effet en Afrique.”
Pouvez-vous citer un exemple ?
“Le préservatif fonctionne quatre fois sur cinq. Ce qui suffit quand le sida est rare. Mais dans un pays où 25% des jeunes de 25 ans sont touchés (Kenya, Malawi, Ouganda, Zambie), cela ne suffit pas. C’est l’impasse et l’échec de cette forme de prévention est une réalité épidémiologique. Entouré d’experts, bien informé par l’Académie des sciences à Rome, le Pape maîtrisait parfaitement cette question avant de se rendre en Afrique.”
Quelles sont les méthodes les plus efficaces ?
“Peu d’études montrent les succès. Sur les quatre pays que je viens de citer, l’Ouganda est le seul où le nombre de malade a été divisé par trois à l’âge 25 ans. En plus de la campagne sur le préservatif, ce pays a mené une vaste campagne basée sur le triptyque ABC (Abstinence, Fidélité, Chasteté ou préservatif). Couple présidentiel, groupes religieux, écoles, entreprises… tout le monde a soutenu cette campagne rappelant que le sida sera combattu si chacun retrouve des attitudes sexuelles conformes aux traditions familiales. Cela n’est peut-être pas facile à reproduire d’un pays à l’autre mais aujourd’hui, c’est le seul espoir.” ....
Instituto de Ciencias para la Familia Servicio de Documentación
Le discours de Benoît XVI sur le préservatif est tout simplement réaliste. Le Monde, 10 de abril de 2009
Tony Anatrella, psychanalyste, spécialiste en psychiatrie sociale et consulteur du Conseil Pontifical pour la Santé ;
Michele Barbato, gynéco-obstétricien de Milan, président de l'Institut Européen d'Education Familiale ;
Jokin de Irala, médecin épidémiologiste, docteur de l'université du Massachusetts, coauteur du livre "Avoiding Risk, Affirming Life", à paraître aux Etats-Unis, directeur adjoint du département de médecine préventive et de santé publique à l'Université de Navarre, Espagne ;
René Ecochard, professeur de médecine, épidémiologiste, chef de service de biostatistique du CHU de Lyon ;
Dany Sauvage, présidente de la Fédération Africaine d'Action Familiale.
A la lecture de votre lettre adressée à Benoît XVI, dans Le Monde du 25 mars, nous nous demandons s'il est encore possible de réfléchir sur le sens de la sexualité humaine, des comportements et des modèles sexuels qu'une société génère, sans être aussitôt sommé de se taire, au nom d'une vision purement technologique en la matière et qui, au reste, ne prend pas en compte toutes les études épidémiologiques.
Aujourd'hui, un groupe de mots prononcés par Benoît XVI est retenu et discuté dans les médias : "( ... ) cela risque d'augmenter le problème." Il ne s'agit pas pour le pape d'examiner les éventuelles défaillances de l'objet prophylactique suite à des ruptures ou dérobades, ni d'évoquer sa résistance et l'hypothèse de sa porosité.
Le problème ne porte pas sur cet aspect, que doivent continuer de traiter les laboratoires de fabrication et les médecins. Le préservatif est bien la technologie la plus efficace. Mais il n'est pas la mesure préventive la plus efficace. En effet, dans de nombreux pays d'Afrique, la proportion des personnes porteuses du virus est trop élevée pour que l'épidémie soit freinée par le préservatif seul.
Bien des épidémiologistes travaillant dans le domaine de la lutte contre l'épidémie du VIH en Afrique s'étonnent du manque d'information que révèlent les prises de positions contre la déclaration du pape. Par exemple, Edward Green, directeur du Aids Prevention Research Project (APRP) de l'université de Harvard, lors d'une interview dit, en parlant de l'Afrique : "Théoriquement, le préservatif devrait marcher, et théoriquement, une utilisation du préservatif devrait conduire à de meilleurs résultats que pas d'utilisation. Mais cela, c'est théorique... Nous ne trouvons pas d'association entre une utilisation plus fréquente du préservatif et une réduction des taux de contamination par le VIH" ("Harvard Researcher Agrees with Pope on Condoms in Africa", Catholic News Agency, mars 2009).
Il n'y a aucun pays avec une épidémie généralisée qui ait réussi à baisser la proportion de la population infectée par le VIH grâce aux campagnes centrées sur l'utilisation du seul préservatif. Les cas de baisse de la transmission du VIH publiés dans la littérature scientifique sont associés à la mise en oeuvre de "l'abstinence" et de "la fidélité" en plus des préservatifs dans la triade ABC, abstinence (A), fidélité (B, pour Be faithful - sois fidèle) et utilisation de préservatifs (C, pour condom).
En d'autres termes, seuls les programmes qui ont sérieusement recommandé le retard de l'activité sexuelle des jeunes et la monogamie mutuelle (ce que les chrétiens appellent la fidélité) ont été couronnés de succès. C'est ce qu'a illustré la fameuse étude portant sur l'Ouganda ("Population-Level HIV Declines and Behavioral Risk Avoidance in Uganda", Rand L. Stoneburner et Daniel Low-Beer, Science, 30 avril 2004 ; "Reassessing HIV Prevention", M. Potts, D. Halperin et al. Science, 9 mai 2008).
Les seuls pays qui ont réussi à baisser la prévalence sont ceux qui ont introduit A et B dans tous les secteurs de la société, l'école, l'entreprise, l'université, les médias, les églises ("The Time Has Come for Common Ground on Preventing Sexual Transmission of HIV", D. Halperin, M.J. Steiner, M.M. Cassell, E.C. Green, N. Hearst, D. Kirby, H.D. Gayle, W. Cates, Lancet, novembre-décembre 2004).
L'Eglise catholique propose A et B depuis toujours. Les spécialistes de l'épidémiologie soulignent que l'abstinence et la fidélité ont jusqu'à ce jour évité 6 millions de morts en Afrique.
Le pape fait remarquer que "nous risquons d'aggraver le problème" du sida si les programmes de prévention s'appuient seulement sur les préservatifs. Ceci aussi est l'état des connaissances en matière de santé publique et d'épidémiologie. Les programmes de prévention centrés sur le préservatif donnent un message inadapté à la population en général et en particulier aux jeunes. Ils véhiculent le message :
"Tout ce que vous faites avec le sexe est en toute sécurité, sans risque, tant que vous utilisez des préservatifs."
Ce qui est faux. En effet, ce type de campagne mène généralement à un phénomène de compensation des risques. Si les gens se sentent en sécurité à 100 % aussi longtemps qu'ils utilisent des préservatifs, ils ont tendance à prendre plus de risques. Par exemple, les jeunes qui ne sont pas encore engagés dans des rapports sexuels commencent à le faire, ou ceux qui ont des rapports sexuels, commencent à avoir plus de partenaires - exactement ce dont le VIH a besoin pour se propager.
Ce phénomène de compensation des risques a été largement décrit dans la littérature scientifique. Des études ont notamment été conduites sur des échantillons représentatifs de la jeunesse aux Philippines, au Salvador, ou encore en Espagne. Dans chacun de ces cas, les jeunes qui croient que les préservatifs sont efficaces à 100 % ont tendance à avoir des rapports sexuels plus tôt, un phénomène de compensation des risques classique.
Le discours du pape est réaliste et juste : il nous interroge sur une vision de la prévention limitée au seul préservatif. Il adopte un point de vue anthropologique et moral, compréhensible par tous, pour critiquer une orientation uniquement technologique qui, à elle seule, n'est pas en mesure de juguler la pandémie, comme l'a noté aussi en son temps l'ONU. En l'espace de vingt-cinq ans, ces campagnes centrées sur le préservatif n'ont pas réussi à la réduire. Le discours exclusivement technologique se comprend si l'on choisit de refuser l'abstinence et la fidélité.
Cependant, une autre approche doit également être proposée, qui fait davantage appel au sens de la conscience humaine et de la responsabilité ; en réalité il s'agit d'une démarche pédagogique concernant le sens des comportements sexuels.
... Ce que les médias européens taisent, les Africains ont su l'entendre lors de son voyage. Les Africains dénoncent la partialité des médias occidentaux en affirmant qu'une fois de plus on leur vole leur histoire, leurs ressources et leur vie, en les envahissant avec une idéologie comportementale qui bouleverse leurs cultures.

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