Une féministe défend les mères contre la psychanalyse


Non seulement la psychanalyse a été la complice des incestueurs, mais elle accable les mères, - toujours coupables -, se faisant la complice de l'irresponsabilité des pères.
Au lieu d'accuser la contraception et l'IVG de la réduction de la natalité en rêvant d'asservir un peu plus encore les femmes en les supprimant, les hommes devraient se demander comment ils peuvent accréditer un discours aussi immonde que celui de la psychanalyse sur les mères, et surtout, élaborer des lois en se fiant à ces textes, au détriment autant des enfants que des mères d'ailleurs.
Si l'on veut que les femmes aient les enfants qu'elles souhaitent, il faut d'abord cesser de leur rendre la maternité invivable.

Jocaste délivrée
Maternité et représentation des rôles sexuels
par Francine Comte Ségeste
04/1991
Editions La Découverte

Avec l’Oedipe freudien, c’est Jocaste, sa mère, qui tient la vedette dans trop de discours à l’usage des jeunes parents. À son image, les femmes seraient irrésistiblement castratrices et incestueuses pour leurs fils, indifférentes à leurs filles.
Peut-on accepter aujourd’hui une telle vision de la maternité, alors que tant de choses ont changé depuis vingt ans dans les rapports de couple, et plus encore dans la position des femmes au sein de la société ?
Ne sont-elles pas d’ores et déjà libérées, et Jocaste délivrée de ses attaches funestes ? Pour tenter de répondre à cette interrogation, Francine Comte a mené une enquête approfondie sur la façon dont les femmes vivent leur maternité et l’éducation de leurs enfants.
Elle a pu ainsi mettre au jour ce qu’elles osent rarement dire ouvertement, et qu’on ne trouve pas souvent dans les « guides pour une maternité heureuse ». Se révèle ainsi sur le décalage considérable entre ce vécu nouveau et le discours commun sur la place des femmes. Le rapport entre les sexes reste trop souvent compris comme un rapport de domination : aux hommes le privilège de la rationalité et de l’ouverture au monde, aux femmes le repli sur « l’instinct maternel ».
En conservant cette opposition schématique dans la représentation des rôles sexuels, certains concepts freudiens (complexe d’Oedipe, rejet de la mère, angoisse de la castration ou envie du pénis) contribuent à figer, alors qu’il faudrait ouvrir de nouveaux espaces.
Comment être mère, comment être père autrement ? À quelles conditions, au prix de quels bouleversements, la tension entre les sexes qui peut être aujourd’hui encore source de troubles pour l’enfant peut-être devenir une richesse ?
Telles sont les questions auxquelles s’attache ce livre passionné.

Table des matières Introduction
I. « L’instinct maternel » : trois mille ans de mythes
1. L’enfant de nos discours
2. Mère nature
3. Marâtre nature
4. Leur continent noir
5. Le nom-du-père
II. Maternité au présent
6. Maternité : le risque et le désir
7. La grossesse : le temps de l’inconnu
8. Le nouveau-né : le temps de la connaissance
9. Le temps de la dyade mère-enfant
10. Le temps de la séparation
11. La présence d’un homme
12. À l’ombre des parents
13. L’identité sexuelle de l’enfant, ou la petite différence
14. Sexualité et maternité : les raisons d’une déraison
III. Devenir parents autrement, ou Jocaste délivrée
15. Que l’enfant s’invente !
16. Les masques du masculin
17. Une femme à l’horizon
18. Vers un nouveau partage
Conclusion
Sur le Web : Sur le site des éditions La Découverte

Aucun commentaire: