"Abd El-Kader et la Franc-maçonnerie" suivi de " Soufisme et Franc-maçonnerie " livre de Bruno Etienne





ABD EL-KADER ET LA FRANC-MAҪONNERIE
suivi de SOUFISME ET FRANC- MAҪONNERIE
Bruno ÉTIENNE
Dervy, avril 2008, 156 pages, 16 €


« Cet homme de génie que l’histoire doit placer à côté de Jugurtha est pâle et ressemble assez au portrait qu’on a souvent donné de Jésus-Christ. »
Description d’Abd el-Kader par Thomas-Robert Bugeaud  (1) suite à leur rencontre en 1837



D’ordinaire, Algériens et Français s’opposent sur la plupart des sujets. En revanche, ils partagent une admiration unanime et plus que méritée pour Abd el-Kader ( ̔Abd al-Qâdir ibn Muḥyiddîn 1808-1883 عبد القادر ابن محي الدين). Le courage, la magnanimité, la grandeur du personnage sont célébrés à l’unisson sur les deux rives de la Méditerranée. Tous louent son sens politique, ses faits d’armes, sa fidélité indéfectible au serment. Éminemment respecté par les officiers français qui le combattirent, l’Émir est vénéré, à juste titre, comme la figure titulaire de l’Algérie indépendante. Vis-à-vis de la France, il sut conjuguer la sincérité des paroles et des actes tout en manifestant une indépendance de jugement opposée à toute compromission. De l’Orient à l’Occident, il symbolise bien davantage qu’un cliché du nationalisme étriqué dans lequel l’historiographie algérienne a cherché à le circonscrire depuis 1962. Cependant, guerrier par hasard et homme d’État par accident, Abd el-Kader – qui refusa de porter le titre de Sultan pour lui préférer la dignité plus modeste d’Émir – fut essentiellement un philosophe et un mystique.

La véritable dimension de l’homme fut d’abord spirituelle. Ce fut son plus grand mérite. Et seul un arabisant très instruit, dans les arcanes de sociétés ésotériques, pouvait aborder le parcours maçonnique de l’Algérien. C’est précisément ici que réside tout l’intérêt du petit livre du regretté Bruno ÉTIENNE (1937-2009). Mais rappelons qui était ce dernier.

Fils de militaire et élevé dans la tradition protestante, ÉTIENNE a passé son enfance dans le Midi de la France. Il étudie le droit et les sciences politiques à Aix-en-Provence, apprend l’arabe à Tunis. Il se familiarise avec l’islam en Afrique du Nord avant d’intégrer, un temps, le CNRS comme chercheur. Devenu docteur d’État en droit après la soutenance d’une thèse sur « Les Européens et l’Indépendance de l’Algérie », une brillante carrière universitaire s’ouvre à lui. Il est successivement coopérant technique à Alger puis maître de conférences à Casablanca après avoir réussi, dans l’intervalle, le concours de l’agrégation en sciences politiques. Sa double compétence en sciences sociales et dans la connaissance des milieux musulmans contemporains l’amène, rapidement, à se spécialiser dans l’étude des phénomènes religieux sous leurs aspects anthropologiques et sociologiques. Professeur associé dans de nombreuses académies étrangères (notamment en Égypte, aux États-Unis, au Japon et en Turquie), ÉTIENNE qui est, selon ses propres dires, « d’un relativisme culturel absolu », devient une référence incontournable pour l’étude de l’islam sur les deux rives de la Méditerranée.

Décédé d’un cancer à l’âge de 71 ans, l’universitaire a laissé le souvenir d’un esprit libre souvent provocateur, aux multiples centres d’intérêt. Sa biographie nous apprend, par exemple, qu’il était karatéka (4e dan) et co-auteur d’un livre sur le bouddhisme (2). On lui doit plus d’une vingtaine d’ouvrages concernant, majoritairement, l’islam d’aujourd’hui. Cependant deux d’entre eux (3) rejoignent, pour partie, celui que nous présentons ici. Ceci ne doit pas étonner ; car le sociologue orientaliste, initié aux arts martiaux d’Extrême-Orient et intéressé par Siddartha, était aussi franc-maçon. Familier de l’institution dès son enfance grâce à un oncle, il fut initié très jeune (4)  dans une loge affiliée au Grand Orient de France. Maçon diligent tout au long de sa vie, Bruno ÉTIENNE était prédestiné à s’intéresser à l’itinéraire initiatique de l’illustre Maghrébin.

Abd el-Kader a-t-il été franc-maçon ? Le sujet sent le soufre. Il est vivement conseillé de ne pas l’aborder outre-Méditerranée. L’anthropologue Joseph DAGUER (5) rappelait, il n’y a pas si longtemps que : « D’une manière générale, dans le monde musulman, hier comme aujourd’hui, la franc-maçonnerie n’a jamais eu bonne presse. En 1843, elle est considérée en Iran, comme “la quintessence du scepticisme, de l’infidélité et de l’athéisme” et comme une association dont les membres s’adonnent à la magie et à l’alchimie ; au XXIe siècle ses membres sont traités de dévots du diable et elle est accusée de complot judéo-maçonnique. » Fichtre ! Hélas, on continue souvent à croire dur comme fer au « complot judéo-maçonnique » en terre d’Allah. Il n’est pour s’en convaincre que de lire les textes délirants de nombreuses organisations extrémistes. La charte du Hamas (6)  (حماس) est particulièrement édifiante à ce propos. Cependant, il faut nuancer le tableau. Depuis le XIXe siècle le Croissant et le Compas ont appris à se connaître, voire à s’apprécier pour cheminer ensemble. De nos jours, partout où elle peut librement prospérer, la franc-maçonnerie compte des frères musulmans. Ils sont originaires d’Iran, de Turquie, du Liban, de Tunisie, d’Algérie, du Maroc. À tous cependant, la plus élémentaire discrétion s’impose.

Oui, Abd el-Kader était bien, selon l’expression consacrée, un « Fils de la Veuve ». ÉTIENNE en apporte la preuve la plus formelle avec seize fac-similés comprenant des correspondances maçonniques de l’Émir, des documents du Grand Orient de France relatifs à son initiation et la couverture d’un ouvrage maçonnique arabe (7)  (شهادات ماسونية Témoignages maçonniques) publié à Damas. Toutes ces pièces figurent en fin l’ouvrage.

Au-delà de l’appartenance – dorénavant incontestable – de l’Algérien à la Maçonnerie, l’auteur expose les raisons qui ont poussé des membres de celle-ci à l’y accueilli. Il nous explique pourquoi ce dernier répondit favorablement à l’appel. Et ÉTIENNE de resituer cette rencontre insolite dans le contexte tourmenté des relations entre une Europe, en pleine expansion coloniale, et un monde musulman acculé mais où l’impuissance, notamment militaire, n’empêche nullement des explosions populaires récurrentes contre des minorités.

Après sa capitulation en 1847, l’Émir a été emprisonné 5 ans en France contre la promesse qui lui avait été faite. Lorsqu’en 1852 le prince-président, Louis-Napoléon Bonaparte, lui rend sa liberté, il choisit de se fixer dans l’Empire ottoman. Tout retour dans sa patrie lui demeure interdit. Abd el-Kader emménage d’abord à Brousse d’où il est chassé par un séisme. Enfin en 1855, il s’installe à Damas après être passé à Istanbul. Ce choix n’est pas anodin. Puisque c’est au pied du Mont Qassioun (جبل قاسيون), sis dans l’ancienne capitale des Omeyyades, qu’est enterré Ibn Arabi (Muḥyiddîn bin  ̔Arabî 1165-1240 بن عربي محي الدين). Surnommé le « plus grand maître » (الشيخ الأكبر ach-chaykh al-akbar) par ses disciples, cet immense penseur andalou est le véritable mentor spirituel de l’Algérien.

Né à Murcie qu’il quitte à trente-cinq ans, Ibn Arabi, père d’une œuvre colossale – comptant plus de 800 ouvrages –, a beaucoup voyagé dans tout le Proche-Orient avant de s’établir définitivement à Damas. Cet homme multiple figure incontestablement parmi les plus éminents penseurs de l’islam. Il a, grâce à une exégèse très personnelle du Coran et des hadiths, tenté de renouveler la relation entre Dieu et sa créature. Dans une approche ésotérique du monde, que n’auraient pas reniée des gnostiques, il introduit l’idée du désir et de l’amour. Son ouverture d’esprit en faveur d’un universalisme tolérant, son rapport bienveillant à l’altérité en font la cible des religieux traditionnels. Les partisans acharnés d’une stricte interprétation littérale du Coran, ne cesseront, jusqu’à nos jours, de le combattre comme un hérétique.

Universalisme, tolérance et relation d’amour avec Dieu voilà l’éclairage commun que partagent les deux « Muḥyiddîn » l’Ibérique et le Maghrébin. Le second – rappelons-le –, brillant stratège et grand politique, ne prit les armes que par nécessité fortuite. Son intérêt était ailleurs, son combat avant tout spirituel.

L’année 1860 est terrible pour les minorités du Levant. Dès mars, dans la région du mont Liban, des émeutes éclatent entre Druzes et maronites. Elles interviennent dans un contexte latent de tension religieuse récemment aggravée par des rivalités économiques. Ajoutons que le manque d’habileté – à moins qu’il ne s’agisse d’un jeu trouble – du pouvoir ottoman dans la gestion, toujours délicate, des différentes confessions exaspère les violences. Celles-ci gagnent Damas où des massacres de grande ampleur contre les chrétiens ont lieu du 9 au 18 juillet. À la différence des autorités locales, Abd el-Kader intervient, parfois physiquement, pour stopper les tueries. Il parcourt la ville, s’oppose aux fanatiques déchaînés. À tous ceux rencontrés sur son chemin, qui tentent d’échapper au bain de sang, l’Algérien offre généreusement l’hospitalité de sa maison. Enfin, il intervient fermement auprès de la Porte pour rétablir la paix. Il a agi par grandeur d’âme, mais également au nom d’une vision de la religion partagée avec son magister magnus andalou. L’action de l’Émir n’est pas passée inaperçue. Il y gagne encore en célébrité internationale et davantage en admiration, notamment chez les francs-maçons du Vieux Continent…

Pourtant, en cette seconde partie du XIXe siècle, nous explique Bruno ÉTIENNE, le Grand Orient de France (G.O.D.F.) n’est pas précisément favorable à l’islam (8)  qu’il a tendance à considérer comme une religion au conservatisme étroit, peu susceptible d’accueillir les lumières du progrès. Toutefois l’attitude, admirablement fraternelle et courageuse, de l’Algérien à l’égard des dhimmis (9), lors des massacres de Damas, souligne son sens de l’humanité. Cette action fait de lui un « maçon sans tablier ». Puisque l’homme présente toutes les qualités morales requises, pourquoi ne pas lui proposer de « recevoir la lumière » ? L’intention est louable, mais elle s’accorde aussi avec un dessein que d’aucuns jugeraient plus ambigu de nos jours. En effet, en invitant le célèbre Maghrébin à rejoindre les colonnes du temple maçonnique le G.O.D.F. souhaite se l’attacher afin d’en faire un ambassadeur de l’Occident dans la « maison de l’islam », jugée délabrée et abritant des peuples très arriérés qu’il convient d’éduquer. Avec plus de vingt ans d’avance, les dignitaires maçonniques défendent la « mission civilisatrice de la France » qu’exposera, le 28 juillet 1885, leur frère Jules Ferry (10)  lors de son célèbre discours sur « les fondements de la politique coloniale » à l’Assemblée nationale.

C’est donc à la suite des événements de Damas que la loge parisienne « Henri IV » prend l’initiative de contacter Abd el-Kader. Ce dernier, qui a eu le temps de s’informer auprès de maçons levantins, répond favorablement et entame un échange de correspondances aboutissant à son initiation le 18 juin 1864, à Alexandrie, dans la loge « les Pyramides d’Égypte  » (11). L’Algérien, familier depuis sa prime jeunesse du mysticisme d’Ibn Arabi, considère avec intérêt une organisation visant à rapprocher tous les hommes autour d’un idéal mêlant étroitement fraternité, symbolisme et déisme. À cette aune, il est tentant d’assimiler la franc-maçonnerie à une sorte de confrérie soufie. Dans cette perspective rien n’interdit à un musulman frotté d’ésotérisme de rejoindre d’autres monothéistes également attirés par une spiritualité exigeante et savante. Ce fut le choix de l’Émir.

Certes, comparaison n’est pas raison mais force est d’admettre que la maçonnerie occidentale se référant au Dieu unique, organisée autour d’une société recrutant par cooptation et proposant une interprétation du monde à partir de l’architecture, présente des affinités avec le soufisme. C’est ce qu’explicite l’auteur dans la seconde partie du livre opportunément nommée Soufisme et franc-maçonnerie. Le lecteur, surtout s’il est franc-maçon, ne manquera pas d’être vivement intéressé par tout un ensemble de pratiques – rites initiatiques, instruction par degrés, culture de la discrétion entre autres – qui caractérisent certaines confréries musulmanes. Maçons et Soufis parcourent des voies parallèles qui donnent tantôt l’impression troublante de se confondre. Les uns comme les autres développent une interprétation symbolique des textes en distinguant l’aspect trivial (ظاهر zhâhir « évident, apparent » c’est-à-dire la « forme ») du sens secret (باطن bâtin « intérieur, caché » c’est-à-dire le « fond ») des choses. Ce sont tous ces aspects, généralement méconnus, qui sont développés par Bruno ÉTIENNE. Et celui-ci de faire œuvre utile en insistant sur la parenté spirituelle des ordres maçonnique et soufi, sans toutefois négliger ce qui les distingue. C’est croyons-nous, le privilège du chercheur travaillant avec objectivité et intelligence.

On s’est beaucoup interrogé sur le degré d’adhésion du mystique algérien dans la Franc-maçonnerie d’autant que celle-ci connut, à partir de 1877, une évolution laïque. Sans nullement interdire la référence au Grand Architecte de l’Univers, la liberté de conscience fut laissée à chacun. Dès lors le Grand Orient de France se définit comme adogmatique et n’imposa plus la croyance en Dieu et en l’immortalité de l’âme. On peut légitimement penser qu’une telle évolution n’était pas du goût d’Abd el-Kader qui était particulièrement pieux. Cependant, si les preuves matérielles de l’engagement maçonnique de l’Algérien sont nombreuses, on ne trouve aucune trace de rupture officielle. Enfin, si le disciple d’Ibn Arabi ne fut pas très assidu aux travaux des loges il ne trouva rien à redire lorsque quatre de ses sept fils furent initiés.

Une poésie de Rudyard KIPLING  (12) (1865-1936) The Ballad of East and West publiée en décembre 1899 débute par ce vers célèbre : Oh, East is East and West is West, and never the twain shall meet que l’on peut traduire hâtivement par : Oh ! l’Orient est l’Orient, l’Occident est l’Occident et jamais les deux ne se rencontreront (13) . L’exégèse de ce texte subtil écrit en heptamètres est complexe, à l’image des relations tourmentées qu’entretiennent depuis presque un millénaire et demi le Croissant et l’Europe judéo-chrétienne. Contrairement à ce que laisse entendre la phrase, le dialogue et un respect mutuel entre ces deux univers hostiles sont possibles mais peu fréquents. Ce sont des rencontres rares, toujours promues par des êtres d’exception. C’est le cas de Kamal et du fils du colonel anglais dans cette ballade.

L’Émir Abd el-Kader symbolise à juste titre un échange fructueux entre l’Orient et l’Occident. Par son double cheminement spirituel, soufi et franc-maçon, il est véritablement un maître de lumière, un ambassadeur de l’universel. Le travail de Bruno ÉTIENNE le prouve à satiété.

Qui sait si l’écrivain britannique ne s’est pas inspiré du maçon algérien pour le personnage du guerrier afghan dont le nom Kamal (كمال) signifie « perfection » en arabe ? Car, cette recherche de perfection, qu’ils savent hors d’atteinte ici-bas mais indissociable de la Connaissance, n’est-ce pas une démarche commune aux maçons et aux soufis ?

Dixi
                                                    Winston Belmonte


Notes :

1 -   L’appartenance du Maréchal Bugeaud (1784-1849) à la Franc-Maçonnerie est, pour beaucoup, quasi-certaine. Ainsi, le site du Centre de Documentation Historique sur l’Algérie (http://www.cdha.fr/la-franc-maconnerie-en-algerie-utopie-inoperante) rapporte : « On peut lire dans un compte-rendu de la loge Bélisaire, en date du 4 juillet 1849 : “il est tiré une batterie de deuil pour le frère Bugeaud, ex-gouverneur général, membre honoraire de la Loge d'Oran” ». Précisons que la loge Bélisaire fut fondée en 1833 à Alger. Elle fut le deuxième atelier maçonnique créé en Afrique du Nord française.
D’autres, cependant, sont moins affirmatifs. Par exemple, le spécialiste Xavier YACONO dans Un siècle de Franc-Maçonnerie Algérienne (1785-1884) admet seulement que le duc d’Isly a pu être initié dans les années 1836-37.

2 -   Être bouddhiste en France aujourd'hui (avec Raphaël LIOGIER), Hachette, mars 1997.

3-   Pour retrouver la parole : Le retour des frères (avec Alain BAUER, Roger DACHEZ et Michel MAFFESOLI,), Table ronde, août 2006 et La Spiritualité Maçonnique pour redonner du sens à la vie, Dervy, octobre 2006.

4 -   Bruno ÉTIENNE venait juste d’avoir 22 ans lorsqu’il devint apprenti maçon, en janvier 1960, à Marseille.

5 -   L’Équerre et le Croissant (p. 9), dans Les Cahiers de l’Orient, N°69, Premier trimestre 2003.

6 -   Cf. article 17 (texte du 18 août 1988).

7 -   Il est très intéressant de constater qu’outre le nom de l’Émir algérien, cette couverture mentionne également ceux de Jamâl ad-Dîn al-Afghânî (جمال الدين الأفغاني ) et Muhammad Abduh (محمد عبده la Renaissance), deux des plus grands intellectuels arabes qui participèrent au mouvement de renaissance des lettres et de la société arabes (النهضة An-Nahdah, la Renaissance).

8 -  Précisions néanmoins que des loges maçonniques prospèrent déjà en Orient et comptent des frères musulmans, notamment dans l’Empire ottoman et dans les Indes britanniques.

9 -   Également dénommés « gens du livre » (أهل الكتاب ahl al-kitâb), ce sont les chrétiens et juifs autorisés à vivre en pays musulman mais dans le cadre d’un régime légal contraignant et, le plus souvent, avilissant.

10  Jules Ferry (1832-1893) fut initié en grande pompe, avec Émile Littré (1801-1881), dans la loge « la Clémente Amitié » en 1875.

11 -  La cérémonie fut faite pour le compte de la loge « Henri IV ».

12 -   L’écrivain anglais fut initié à Lahore, en 1886, dans la loge « Hope and Perseverance ». Comme Jules Ferry, ce fut un ardent défenseur du colonialisme. Cependant, pour bien comprendre la position de ces deux hommes sur cette question il faut la contextualiser dans les débats de l’époque.

13 -  Comprenons : « ne pourront s’entendre et vivre pacifiquement l’un avec l’autre ».


Immonde attitude de Riposte laique


Immonde attitude de Riposte laique

Il existe pour moi une ligne rouge : la mise en danger d’autrui.

Je peux laisser passer beaucoup de choses, je ne suis ni obsessionnelle ni maniaque, je suis pour la libre expression, le droit à l’erreur et au n’importe quoi … mais je suis sécuritaire, je suis intransigeante lorsque cette ligne là est franchie.

J’ai adressé de nombreux articles à Riposte laïque, qui en a publié beaucoup parmi eux, y compris des articles critiquant d’autres articles parus dans la revue.

Je n’ai jamais fait partie de la rédaction, mais initialement, j’étais dans la ligne de Riposte laique, soit dans la prolongation de la « Coordination laique et féministe » qui avait été tentée 2003-2004. Puis la revue a évolué politiquement et stylistiquement.

Jusqu’à présent, j’avais nettement ralenti mes envois d’articles par rapport à la période du procès de Fanny Truchelut, mais étant donné le courage des fondateurs de Riposte et les attaques dont ils font l’objet, j’avais préféré taire l’essentiel de mes griefs contre la revue.

Mais Riposte laique vient de prendre une décision immonde, inexcusable, une trahison.

J’avais demandé à la revue de prendre des mesures nécessaires à la sécurité de personnes. Elle ne l’a pas fait. Sans explication. J’ai dû insister et exiger ces mesures. Là leur réponse est venue. Immonde. Déni affiché du danger assorti de propos méprisant pour les personnes ainsi mises en danger, face aux tueurs de l’islam.

Nul n’a le droit de décider de prendre des risques face aux assassins fanatiques, sauf les personnes concernées par ces risques. Exposer qui que ce soit à ce risque relève de la trahison.

L’évolution politique  et stylistique de Riposte m’a fait beaucoup de tort, car bien sur l’on est assimilé à un média où nos articles sont publiés. De plus, des titres, des illustrations – dont certaines obscènes et sexistes -, des tags, des commentaires ont été collés à mes articles qui m’insupportaient, (allant jusqu’à modifier l’orthographie féministe que j’utilise, soit le contenu de mon texte), et le public pouvait penser que j’étais aussi l’auteur de ces présentations, ce qui était et est faux.

Je m’étais tue à ce sujet, comme au sujet de mon appréciation politique de la revue, par égard pour les fondateurs de Riposte, soumis à trop d’adversité déjà.

Mais leur attitude actuelle me conduit à décider d’une rupture politique publique avec cette revue.
Je considère depuis plusieurs années maintenant, que le style et le contenu de nombreux articles a un effet politique catastrophique en ce qu’il décrédibilise totalement la lutte idéologique conte l’ideologie de l’islam.

Riposte laique joue aujourd’hui le même rôle de fait à propos de l’islam que le Front national concernant le patriotisme : le rôle de repoussoir rédhibitoire.

Je ne rentrerai pas vraiment dans le détail des composantes de cet effet repoussoir, car il n’est à mon sens que trop évident, sauf pour les adeptes de ce style d’action. L’emploi du mot « muzz » est une insulte insupportable, pour ne donner qu’un exemple.

La France est largement un pays catholique, et ne peut être attirée par une action qui est aussi dénuée d’esprit de charité envers des personnes, même si le fond des propos n’est pas raciste et n’incite pas au racisme.

Aucune personne un tant soit peu civile, décente, ne peut être encline à examiner les critiques de l’islam si elles lui sont présentées comme le fait aujourd’hui Riposte laïque. Riposte démolit ainsi au passage le travail de nombreux militants ( dont le mien) ou érudits, en le rendant inaccessible, car confondu avec son type de publication.

Elisseievna


20 juin 2019

Avortement en Russie ( 2011)

En matière d'avortement, le "toujours plus" n'est pas le "toujours mieux", c'est même exactement le contraire.
Ce documentaire montre la situation dramatique en Russie.

Il peut être commandé en DVD ou vu en ligne en s'adressant au site du réalisateur :


" убивая девочeк "




Son ancien site de présentation indiquait : 
http://www.killinggirlsmovie.com/

download movie and DVD sales Killing Girls Pilot film. Documentary in production, This will be a 80 minute film about a late term abortion department in Russia for teenagers. In Russia women have between 2 and 10 abortions each. Here teenagers abort up and over 7 months. The film is finished December 2008. This film is being made as a TV movie and a full length Cinema version.check davidkinsella.com for more details. The film is made by David Kinsella productions AS in Norway.

" j'ai avorté à 22 semaines, j'ai vu la petite fille après, c'était déjà un bébé, elle mesurait 23 cm et pesait 500 g, j'avais de la peine pour elle " Nastja, 17 ans.


Synopsis
In today’s Russia 80% of the women have between 2 and 10 abortions each.


St. Petersburg, Russia
Killing Girls brings us into the world of an abortion clinic that specializes in late term teenage abortions. Here, abortions are sometimes performed even after 6 months of pregnancy. Killing girls is a story made for women with a women’s point of view. Russian writer Anna Sirota shares her own personal story with the audience, comparing the sad experience’s of her own, with Russia's new generation of teenagers.

Killing Girls tells the truth about abortion - this film is neither Pro Life nor Pro Choice. Filmmakers follow the main characters when they enter the clinic and stay with them when they leave. But it is not just a documentary about girls who have had to make a tough decisions and only focusing on the medical procedures. Killing Girls is a story about moral and economic choices in today’s Russian society. It is the story about girls that at one point in their life decided to end a late term pregnancy. It is the story of the doctors who performs these late term abortions. Who are these people and what makes them do what they do?

Killing girls takes the audience through the history of abortion in Russia, through the Stalin time to Perestroika, and ending up today. It is story about choices and decisions, about morals and consequences, about sin and salvation and finally about the eternal battle between life and death. This battle is happening today.


Our Characters

Valentina (15)
15-year-old Valentina didn’t know she was pregnant, until her mother noticed. Then, because of lack of money, they decided to have a late term abortion when Valentina was six and a half months pregnant, at the last moment Valentina changes her mind, and decides to have her baby.

Dr. Irina Serdechnaja (52)
Dr. Irina Serdechnaja is working in the largest hospital for woman in St. Petersburg. Her job is to make abortions. For the last 25 years she made more than 10,000 abortions, many of them late term. Her job is to help women in an extremely difficult situation. However she is trying to convince the woman that it is better to have the baby, but it almost never makes them change their mind.

Nastja (17)
Nastja was raped and too afraid to tell her parents what happened to her. When she finds out that she is pregnant, she decides to hide it from everyone. Only after 22 weeks Nastja decides to have an abortion. Nastja is certain that she has made the right choice.

Sasha (16)
Just as many other girls of her age, Sasha became sexually active at a very young age. Since eleven, she already had twenty encounters, but this is her first abortion. Her boyfriend insisted on her having an abortion.

Background
For the last 15 years the population in Russia has decreased at a catastrophic rate. The mortality rate is almost twice as high as the birth rate. The Russian government is trying to encourage women to have more children, but so far the situation remains unchanged.

In today’s Russia 80% of the women have between 2 and 10 abortions in their life. Contraception such as the use of pills, condoms and abortions are legal in Russia and are for free up to 12 weeks of pregnancy. At the same time Russia has no space for sexual education in school programs. As a result after the end of Soviet era and start of ‘sexual revolution’ abortion became to be ‘younger’. More and more teenage girls are put in the situation, when they are having sex with zero information about contraception and responsibility. Late term abortions became to be one of the popular methods of solving the problems for the girls aged between from 14 to 18.

The Russian public have no idea that late term abortions occur, this topic is hidden and never discussed in the society. For the doctors Abortions are treated as an illness, their job is to treat the illness so the girls can return to their normal lives. For the first time ever our film Killing Girls gives the world an insight to the world of late term abortions for teenagers in Russia.


film de David Kinsella " Killing girls "
" this is legalized murder " dit la médecin qui pratique ces IVG

Sur l'avortement avec prostaglandines : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2274425/pdf/canfamphys00329-0103.pdf

Intersexes : halte aux mutilations d'enfants




Un enfant, un adolescent se sent bien quand et dès lors qu'il est accepté tel qu'il est, lorsque son corps n'est pas sujet à moquerie ou rejet ou agression médicale.
Il y a deux sexes et toute une gamme de variantes physiques entre ces deux sexes existe chez les individus. Donc il y a bien une répartition des personnes entre trois identités sexuelles : hommes, femmes, intersexes.
Dilatation de vagin à 7 ans : quelle monstruosité au nom de l'identité sexuelle ....
De même il y a l'affectivité hétéro ou homo, l'attirance pour la sexualité hétérosexuelle ou homosexuelle, et toutes viennent fondamentalement du corps et de son histoire et de ses particularités.
L'ignorer encore est pur obscurantisme.
La morale intervient dans ce que chacun fait de ses aptitudes ou limites. Il est impossible de réfléchir sainement aux questions morales en niant les faits physiques par phobie de leurs possibles conséquences.






Vincent Guillot, né intersexe, raconte sa vie "détruite"
Âgé de 52 ans, il a subi des opérations de reconstruction à partir de l'âge de 7 ans. Des opérations qu'il a vécues comme des "mutilations".
Source AFP
Publié le 25/03/2017 à 12:03 | Le Point.fr     
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Né avec un appareil génital masculin et féminin, Vincent Guillot a connu dix opérations de « reconstruction » que ce héraut de la cause intersexe dénonce comme des « mutilations ». Depuis, il milite activement pour leur interdiction. « Enfant, j'étais en bonne santé », rappelle-t-il. « Mon bourreau est mort tranquillement avec sa retraite de chirurgien. Moi, j'ai eu une vie de merde. » 
« On n'attente pas à un corps en bonne santé, sans urgence vitale. Sinon, on autorise aussi l'excision », tonne Vincent Guillot, à vif. Car son intersexualité, qu'il revendique fièrement, a ruiné sa vie. Né dans un milieu bourgeois, « on a indiqué à ma mère que j'étais un monstre, narre-t-il. Jusqu'à son lit de mort, elle m'a dit : J'aurais préféré que tu meures. »
Caché lors des réunions de famille, régulièrement hospitalisé, il a vu ses frères et sœurs réussir socialement, quand lui était condamné aux petits boulots, à l'usine ou dans des poulaillers. Aujourd'hui, Vincent vit du RSA dans une ferme bretonne. « Comment se concentrer sur des études quand, durant toute ton enfance, il y a un mystère concernant ta sexualité ? » s'interroge-t-il. Vincent Guillot raconte les médecins « qui prenaient toujours des photos » de ses organes génitaux et le « montraient nu aux étudiants ». Faute d'avoir obtenu l'intégralité de son dossier médical, il ne sait pas « ce qu'ils (lui) ont retiré ». Il s'énerve contre les actes de « torture » perpétrés par les blouses blanches à l'encontre des enfants intersexes. Il cite « les filles de 12 ou 14 ans à qui l'on demande de se pénétrer plusieurs fois par semaine avec des dilateurs », sinon « leurs vagins artificiels, comme toute cicatrice, se referment ».
Il ne cache pas les antidépresseurs qu'il prend depuis qu'il est adulte. Les lésions neurologiques liées aux chirurgies, qui le font souffrir « en permanence ». « Toutes les nuits depuis quarante ans, je fais des cauchemars. J'ai peur de tout. » En 2002, il crée l'Organisation internationale des intersexes « pour que les enfants intersexes ne connaissent pas les souffrances [qu'il a] endurées ». À l'ONU, trois instances distinctes l'auditionnent, notamment le Comité contre la torture, et condamnent en 2016 la France pour les opérations réalisées. La semaine dernière, il fut parmi les premiers à l'Élysée à applaudir le président François Hollande lorsque celui-ci a évoqué ces opérations « qui sont de plus en plus largement considérées comme des mutilations ». Il était encore présent à la C our de cassation mardi pour l'audience d'un intersexe français qui demandait que la mention « sexe neutre » figure sur son état civil. Il y a fustigé la « justice de classe » de l'avocat général, qui a appelé à rejeter ce pourvoi.
« À Zurich, ironise-t-il, ils voulaient faire de la recherche sur les intersexes. Je leur ai conseillé d'aller dans un cimetière. Chez nous, on est confronté en permanence au suicide. »
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Honte aux délateurs, aujourd'hui comme hier




Il y a ceux qui se tuent pour ne pas parler, ou se laissent tuer pour ne pas parler. 

Sont ils des salauds ceux qui ont parlé sous la torture ? 
Là était la question pendant et après la guerre. 

Et puis il y a ceux qui se glorifient de balancer, dont ceux qui cachent plus ou moins mal le pognon empoché avec cette gloire là.

La presse " Gringoire" renaît face aux puissances islamiques, fière de son faux antiracisme, fière de sa haine pure.




« Je trahirai demain »

Je trahirai demain pas aujourd’hui.
Aujourd’hui, arrachez-moi les ongles,
Je ne trahirai pas.
Vous ne savez pas le bout de mon courage.
Moi je sais.
Vous êtes cinq mains dures avec des bagues.
Vous avez aux pieds des chaussures
Avec des clous.
Je trahirai demain, pas aujourd’hui,
Demain.
Il me faut la nuit pour me résoudre,
Il ne faut pas moins d’une nuit
Pour renier, pour abjurer, pour trahir.
Pour renier mes amis,
Pour abjurer le pain et le vin,
Pour trahir la vie,
Pour mourir.
Je trahirai demain, pas aujourd’hui.
La lime est sous le carreau,
La lime n’est pas pour le barreau,
La lime n’est pas pour le bourreau,
La lime est pour mon poignet.
Aujourd’hui je n’ai rien à dire,
Je trahirai demain.
Marianne Cohn, « Je trahirai demain », 1943.
Repris dans Pierre Seghers, La résistance et ses poètes : France, 1940-1945, Paris, Éditions Seghers, 1974.
© Éditions Seghers, 1974.

IVG : tweets

elisseievna ‏

En réponse à @laurossignol
le remede n'est pas l'allongement du delai pour avorter mais le raccourcissement de la prise en compte des demandes d'avortement 14 semaines : 100 g et l'apparence humaine : essayez d'en tuer un vous meme d'abord

elisseievna ‏

En réponse à @laurossignol
quand une femme dit : je veux avorter avant que le coeur de l'embryon batte, et qu'on ne lui permet d'avorter qu'apres ... cet allongement favorise cette horreur là

elisseievna ‏

Les femmes n'ont pas besoin que d'autres leur imposent des délais de réflexion, elles n'ont pas besoin que l'on réprime ceux et celles qui leur propose de parler d'un point de vue anti-avortement : les femmes ne sont pas des incapables.


www.bebetou.com

Environ 14 cm, 110 g, diametre de la tête 3.6 cm
"Bébé devient carrément plus actif dans l’utérus ! Bien sûr, il poursuit sa gymnastique quotidienne avec des exercices physiques très difficiles à réaliser lorsqu’on a seulement 14 semaines de vie in-utéro : il ouvre et ferme les poings, écarte les doigts de pieds et ceux des mains, plie les genoux et les coudes grâce à des articulations 100% fonctionnelles, donne des petits coups de pieds, tourne la tête d’un côté, puis d’un autre... Mais aujourd’hui, il devient un petit être au visage mobile capable de réelles expressions faciales : caché bien au chaud dans votre ventre, il peut déjà froncer les sourcils comme s’il n’était pas content, tourner les yeux, ouvrir la bouche pour bailler ou pour avaler du liquide amniotique ! Le réflexe de succion est lui-aussi bien présent. Il n’est pas encore né, pourtant votre bébé s’entraîne déjà à téter..." 



DE L'OEUF AU BEBE :


(Les photos indiquent des dates peu précises )

28 jours




"L'oeuf, expulsé après IVG avec la pilule abortive Mifégyne. 6ème semaine de grossesse. L'embryon âgé de 28 jours et mesurant 5 mm environ est entouré de tissu placentaire"  




32 jours



Semaine 6 : le tube neural et les premiers battements du coeur



Femme enceinte : grossesse 2eme trimestre 




41 jours



Semaine 7 : le cerveau

Cette semaine, c’est le développement du cerveau qui prendra le pas sur tout le reste! Une première ébauche du cortex se profile avec le développement des deux hémisphères, de l’écorce cérébrale et de la matière grise.
La tête se forme peu à peu. L’arrière du cerveau devient plus large, ce qui amène l’embryon à incliner la tête vers l’avant.
Sur son visage, on distingue maintenant les narines. Le sillon des gencives, où pousseront les dents de lait, est déjà formé. De chaque côté de la tête, on aperçoit 2 zones sombres : ce sont bien les yeux! C’est le pigment rétinien qui leur donne cette couleur.


47 jours :  17mm environ 



6/8/ semaines


Semaine 8 : il commence à bouger


C’est au tour des paupières et les oreilles externes (elles ont l’air de petites fossettes) d’amorcer leur développement. Toutefois, les premiers sens à « s’éveiller » chez l’embryon seront l’odorat et le goût. À cette étape, le nez et la lèvre supérieure sont déjà formés. Dès cette semaine, des récepteurs olfactifs apparaîtront.
Au bout des membres, on voit de petits bourgeons. Ils formeront les doigts et les orteils. On distingue aussi l’emplacement des coudes et des genoux. L’embryon n’est plus statique : il bouge le tronc et les membres. Il se déplace à l’intérieur de l’utérus, mais on ne le sent pas.

8/10 semaines  : 2 à 2.5 cm



Semaine 9 : les bras et les jambes



Femme enceinte : Grossesse 3 eme mois 



Semaine 10 : les articulations et les oreilles






Semaine 12 : ses ongles commencent à pousser

 Tous les organes et les systèmes vitaux sont maintenant partiellement formés. Les extrémités se peaufinent aussi : les ongles commencent leur développement. Jusqu’alors, une partie de l’intestin grêle (les anses intestinales) surplombait le cordon ombilical. Tout cela est maintenant bien entré, à l’intérieur du ventre du foetus.
Dans le cerveau, les cellules nerveuses se multiplient. Elles se relient entre elles en créant de nombreuses synapses. On observe déjà certains réflexes archaïques. Par exemple : le foetus replie les doigts et les orteils si quelque chose touche la paume de sa main ou la plante de son pied. Le nouveau-né gardera ce réflexe quelque temps, puis il disparaîtra progressivement, tous comme les autres réflexes archaïques. Ces réflexes témoignent du bon développement neurologique du bébé.
Le foetus mesure maintenant 6 cm de la tête au coccyx et il pèse environ 14 g.




Femme enceinte 5 mois 




21/23 semaines























22/ 24 semaines







" Shoah " et Traite des noirs


Sur la comparaison entre Génocide nazi contre les juifs ( Shoah ) et Traite des esclaves

Une polémique a surgi récemment au sujet de la comparaison entre le Génocide nazi contre les juifs (Shoah, pour reprendre le nom donné par Claude Lanzmann) et la Traite des esclaves, plus particulièrement la traite négrière par les marchands blancs.

L’élément commun à ces deux crimes, est l’idée que les victimes n’ont pas la même valeur que les êtres humains, ne sont pas réellement des êtres humains, et que leur vie n’a pas d’importance, qu’on peut les tuer ou les laisser mourir sans enfreindre la morale.
La traite des africains noirs par des marchands européens s’est faite dans des conditions telles que la mort d’une partie des victimes était inéluctable pour réaliser les profits escomptés par les marchandes ou acheteurs.
L’élément commun est donc le déni d’humanité contre une population en raison de son origine généalogique, à un degré tel qu’il s’accompagne d’assassinats prémédités et de masse.
Il s’agit donc dans les deux cas de crimes majeurs.
La différence entre ces crimes est leur objectif principal. Les nazis voulaient l’extermination des juifs. Les marchands et acheteurs d’esclave voulaient que la majorité des esclaves déportés survivent pour travailler.
La volonté de profiter de la force de travail des survivants à moindre coût, au prix de la vie d’une partie des victimes, repose sur la même vision abominable que le génocide nazi des êtres humains : vision selon laquelle certains ont une moindre valeur que d’autres, et ne méritent pas de vivre.



elisseievna

" Babette de Rozières " : Toujours se relever "




Elisabeth de Rozières, une femme métisse, guadeloupéenne raconte sa vie, face au non désir, au racisme, au sexisme ...    

IVG : le délire du toujours plus


Le sénat vient d'accepter d'augmenter le délai d'IVG à 14 semaines (16 semaines d'absence de cycle).
Pour moi il ne s'agit pas d'une mesure pour les femmes, mais plutot pour le confort des services organisateurs de soins, moins pressés de permettre aux femmes qui le veulent d'avoir un avortement rapidement et aux praticiens d'intervenir aux premiers stades de l'embryon.

Un foetus de 14 semaines a forme humaine, et le poids d'un chaton nouveau né.
Que les parlementaires qui votent cette disposition, aillent tous noyer des chatons nouveaux nés ou leur arracher la tête du corps,  pour voir ce qu'ils infligent aux soignants et aux femmes qui seront confrontés à ces situations, avec ces délais maximum.

A moins d'envisager qu'il y ait quelque part un plaisir malsain à organiser la tuerie d'êtres humains toujours plus développés ?

Voir ici les images de l'"oeuf" humain au foetus :
https://elisseievna.blogspot.com/2019/03/delai-davortement-france-grande-bretagne.html




L'islam contre les droits des enfants



La nièce de Wafa Sultan en Syrie a été mariée de force à 10  ans ! Mariage valide selon la loi islamique !
Saloperie de loi  !
Défendre cette religion avec sa loi est CRIMINEL et odieux à l'égard de ses victimes.
On ne peut pas défendre les droits des enfants et la loi islamique à la fois.

NB  : la liberté de conscience n'implique en aucune façon le respect, la qualification comme respectable des pensées aberrantes mais uniquement de laisser tranquille les personnes qui ont ces pensées
Ne reprochons à des personnes d'être convaincues qu'un dieu parle dans le coran, montrons leur que si quelqu'un parle dans le coran, il ne peut être que le satan qu'elles pensent refuser par ailleurs :
celui qui dirait " j'ai acheté vos personnes, vous tuez et êtes tués pour moi" ne peut être que le diable,
celui qui prend pour prophète un de ceux qui figureraient au podium des "porcs" de notre époque pour avoir tringlé à plus de cinquante ans une petite fille de neuf ans, ne peut etre que le diable.


Appel au financement l'achat d'un cheval de trait par une vigneronne






 Sa page sur le site de financement Kiss Kiss Bank :

 https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/retour-du-cheval-dans-les-vignes?fbclid=IwAR3MBC-Rl8bXfHXg_z1g8ZkZRpe_oghIhowwEIEyMy2pZBBYFkImTTA-7E4

L'idée est de remplacer le tracteur par le cheval dans les parcelles que j'aurai à l'entretien.
(...)

Il y a plusieurs avantages à l’utilisation du cheval dans la vigne. On considère que le cheval ne posant jamais les sabots au même endroit, les sols sont quatre fois moins tassés qu’avec un tracteur. Il est maniable et peut passer partout.
Autre avantage, la vie biologique des sols est augmentée. Son travail favorise un enracinement plus profond ce qui offre à la vigne une meilleure régulation de ses besoins en eau. Grace à un sol plus aéré, le ruissellement des eaux de pluie est limité, l’infiltration y est donc meilleure.
L’utilisation du cheval permet également au vigneron de ne pas utiliser de désherbant chimique car le désherbage devient mécanique. Il s’inscrit donc dans une démarche éco responsable. Cette énergie cheval et une énergie renouvelable, non polluante.
Enfin, le cheval permet de valoriser la production et de mettre en valeur le terroir.
Nos grands pères faisaient déjà ainsi me direz-vous, mais plutôt qu'un retour en arrière, j'y vois plutôt un pari sur l'avenir.

"Abd El-Kader et la Franc-maçonnerie" suivi de " Soufisme et Franc-maçonnerie " livre de Bruno Etienne





ABD EL-KADER ET LA FRANC-MAҪONNERIE
suivi de SOUFISME ET FRANC- MAҪONNERIE
Bruno ÉTIENNE
Dervy, avril 2008, 156 pages, 16 €


« Cet homme de génie que l’histoire doit placer à côté de Jugurtha est pâle et ressemble assez au portrait qu’on a souvent donné de Jésus-Christ. »
Description d’Abd el-Kader par Thomas-Robert Bugeaud  (1) suite à leur rencontre en 1837



D’ordinaire, Algériens et Français s’opposent sur la plupart des sujets. En revanche, ils partagent une admiration unanime et plus que méritée pour Abd el-Kader ( ̔Abd al-Qâdir ibn Muḥyiddîn 1808-1883 عبد القادر ابن محي الدين). Le courage, la magnanimité, la grandeur du personnage sont célébrés à l’unisson sur les deux rives de la Méditerranée. Tous louent son sens politique, ses faits d’armes, sa fidélité indéfectible au serment. Éminemment respecté par les officiers français qui le combattirent, l’Émir est vénéré, à juste titre, comme la figure titulaire de l’Algérie indépendante. Vis-à-vis de la France, il sut conjuguer la sincérité des paroles et des actes tout en manifestant une indépendance de jugement opposée à toute compromission. De l’Orient à l’Occident, il symbolise bien davantage qu’un cliché du nationalisme étriqué dans lequel l’historiographie algérienne a cherché à le circonscrire depuis 1962. Cependant, guerrier par hasard et homme d’État par accident, Abd el-Kader – qui refusa de porter le titre de Sultan pour lui préférer la dignité plus modeste d’Émir – fut essentiellement un philosophe et un mystique.

La véritable dimension de l’homme fut d’abord spirituelle. Ce fut son plus grand mérite. Et seul un arabisant très instruit, dans les arcanes de sociétés ésotériques, pouvait aborder le parcours maçonnique de l’Algérien. C’est précisément ici que réside tout l’intérêt du petit livre du regretté Bruno ÉTIENNE (1937-2009). Mais rappelons qui était ce dernier.

Fils de militaire et élevé dans la tradition protestante, ÉTIENNE a passé son enfance dans le Midi de la France. Il étudie le droit et les sciences politiques à Aix-en-Provence, apprend l’arabe à Tunis. Il se familiarise avec l’islam en Afrique du Nord avant d’intégrer, un temps, le CNRS comme chercheur. Devenu docteur d’État en droit après la soutenance d’une thèse sur « Les Européens et l’Indépendance de l’Algérie », une brillante carrière universitaire s’ouvre à lui. Il est successivement coopérant technique à Alger puis maître de conférences à Casablanca après avoir réussi, dans l’intervalle, le concours de l’agrégation en sciences politiques. Sa double compétence en sciences sociales et dans la connaissance des milieux musulmans contemporains l’amène, rapidement, à se spécialiser dans l’étude des phénomènes religieux sous leurs aspects anthropologiques et sociologiques. Professeur associé dans de nombreuses académies étrangères (notamment en Égypte, aux États-Unis, au Japon et en Turquie), ÉTIENNE qui est, selon ses propres dires, « d’un relativisme culturel absolu », devient une référence incontournable pour l’étude de l’islam sur les deux rives de la Méditerranée.

Décédé d’un cancer à l’âge de 71 ans, l’universitaire a laissé le souvenir d’un esprit libre souvent provocateur, aux multiples centres d’intérêt. Sa biographie nous apprend, par exemple, qu’il était karatéka (4e dan) et co-auteur d’un livre sur le bouddhisme (2). On lui doit plus d’une vingtaine d’ouvrages concernant, majoritairement, l’islam d’aujourd’hui. Cependant deux d’entre eux (3) rejoignent, pour partie, celui que nous présentons ici. Ceci ne doit pas étonner ; car le sociologue orientaliste, initié aux arts martiaux d’Extrême-Orient et intéressé par Siddartha, était aussi franc-maçon. Familier de l’institution dès son enfance grâce à un oncle, il fut initié très jeune (4)  dans une loge affiliée au Grand Orient de France. Maçon diligent tout au long de sa vie, Bruno ÉTIENNE était prédestiné à s’intéresser à l’itinéraire initiatique de l’illustre Maghrébin.

Abd el-Kader a-t-il été franc-maçon ? Le sujet sent le soufre. Il est vivement conseillé de ne pas l’aborder outre-Méditerranée. L’anthropologue Joseph DAGUER (5) rappelait, il n’y a pas si longtemps que : « D’une manière générale, dans le monde musulman, hier comme aujourd’hui, la franc-maçonnerie n’a jamais eu bonne presse. En 1843, elle est considérée en Iran, comme “la quintessence du scepticisme, de l’infidélité et de l’athéisme” et comme une association dont les membres s’adonnent à la magie et à l’alchimie ; au XXIe siècle ses membres sont traités de dévots du diable et elle est accusée de complot judéo-maçonnique. » Fichtre ! Hélas, on continue souvent à croire dur comme fer au « complot judéo-maçonnique » en terre d’Allah. Il n’est pour s’en convaincre que de lire les textes délirants de nombreuses organisations extrémistes. La charte du Hamas (6)  (حماس) est particulièrement édifiante à ce propos. Cependant, il faut nuancer le tableau. Depuis le XIXe siècle le Croissant et le Compas ont appris à se connaître, voire à s’apprécier pour cheminer ensemble. De nos jours, partout où elle peut librement prospérer, la franc-maçonnerie compte des frères musulmans. Ils sont originaires d’Iran, de Turquie, du Liban, de Tunisie, d’Algérie, du Maroc. À tous cependant, la plus élémentaire discrétion s’impose.

Oui, Abd el-Kader était bien, selon l’expression consacrée, un « Fils de la Veuve ». ÉTIENNE en apporte la preuve la plus formelle avec seize fac-similés comprenant des correspondances maçonniques de l’Émir, des documents du Grand Orient de France relatifs à son initiation et la couverture d’un ouvrage maçonnique arabe (7)  (شهادات ماسونية Témoignages maçonniques) publié à Damas. Toutes ces pièces figurent en fin l’ouvrage.

Au-delà de l’appartenance – dorénavant incontestable – de l’Algérien à la Maçonnerie, l’auteur expose les raisons qui ont poussé des membres de celle-ci à l’y accueilli. Il nous explique pourquoi ce dernier répondit favorablement à l’appel. Et ÉTIENNE de resituer cette rencontre insolite dans le contexte tourmenté des relations entre une Europe, en pleine expansion coloniale, et un monde musulman acculé mais où l’impuissance, notamment militaire, n’empêche nullement des explosions populaires récurrentes contre des minorités.

Après sa capitulation en 1847, l’Émir a été emprisonné 5 ans en France contre la promesse qui lui avait été faite. Lorsqu’en 1852 le prince-président, Louis-Napoléon Bonaparte, lui rend sa liberté, il choisit de se fixer dans l’Empire ottoman. Tout retour dans sa patrie lui demeure interdit. Abd el-Kader emménage d’abord à Brousse d’où il est chassé par un séisme. Enfin en 1855, il s’installe à Damas après être passé à Istanbul. Ce choix n’est pas anodin. Puisque c’est au pied du Mont Qassioun (جبل قاسيون), sis dans l’ancienne capitale des Omeyyades, qu’est enterré Ibn Arabi (Muḥyiddîn bin  ̔Arabî 1165-1240 بن عربي محي الدين). Surnommé le « plus grand maître » (الشيخ الأكبر ach-chaykh al-akbar) par ses disciples, cet immense penseur andalou est le véritable mentor spirituel de l’Algérien.

Né à Murcie qu’il quitte à trente-cinq ans, Ibn Arabi, père d’une œuvre colossale – comptant plus de 800 ouvrages –, a beaucoup voyagé dans tout le Proche-Orient avant de s’établir définitivement à Damas. Cet homme multiple figure incontestablement parmi les plus éminents penseurs de l’islam. Il a, grâce à une exégèse très personnelle du Coran et des hadiths, tenté de renouveler la relation entre Dieu et sa créature. Dans une approche ésotérique du monde, que n’auraient pas reniée des gnostiques, il introduit l’idée du désir et de l’amour. Son ouverture d’esprit en faveur d’un universalisme tolérant, son rapport bienveillant à l’altérité en font la cible des religieux traditionnels. Les partisans acharnés d’une stricte interprétation littérale du Coran, ne cesseront, jusqu’à nos jours, de le combattre comme un hérétique.

Universalisme, tolérance et relation d’amour avec Dieu voilà l’éclairage commun que partagent les deux « Muḥyiddîn » l’Ibérique et le Maghrébin. Le second – rappelons-le –, brillant stratège et grand politique, ne prit les armes que par nécessité fortuite. Son intérêt était ailleurs, son combat avant tout spirituel.

L’année 1860 est terrible pour les minorités du Levant. Dès mars, dans la région du mont Liban, des émeutes éclatent entre Druzes et maronites. Elles interviennent dans un contexte latent de tension religieuse récemment aggravée par des rivalités économiques. Ajoutons que le manque d’habileté – à moins qu’il ne s’agisse d’un jeu trouble – du pouvoir ottoman dans la gestion, toujours délicate, des différentes confessions exaspère les violences. Celles-ci gagnent Damas où des massacres de grande ampleur contre les chrétiens ont lieu du 9 au 18 juillet. À la différence des autorités locales, Abd el-Kader intervient, parfois physiquement, pour stopper les tueries. Il parcourt la ville, s’oppose aux fanatiques déchaînés. À tous ceux rencontrés sur son chemin, qui tentent d’échapper au bain de sang, l’Algérien offre généreusement l’hospitalité de sa maison. Enfin, il intervient fermement auprès de la Porte pour rétablir la paix. Il a agi par grandeur d’âme, mais également au nom d’une vision de la religion partagée avec son magister magnus andalou. L’action de l’Émir n’est pas passée inaperçue. Il y gagne encore en célébrité internationale et davantage en admiration, notamment chez les francs-maçons du Vieux Continent…

Pourtant, en cette seconde partie du XIXe siècle, nous explique Bruno ÉTIENNE, le Grand Orient de France (G.O.D.F.) n’est pas précisément favorable à l’islam (8)  qu’il a tendance à considérer comme une religion au conservatisme étroit, peu susceptible d’accueillir les lumières du progrès. Toutefois l’attitude, admirablement fraternelle et courageuse, de l’Algérien à l’égard des dhimmis (9), lors des massacres de Damas, souligne son sens de l’humanité. Cette action fait de lui un « maçon sans tablier ». Puisque l’homme présente toutes les qualités morales requises, pourquoi ne pas lui proposer de « recevoir la lumière » ? L’intention est louable, mais elle s’accorde aussi avec un dessein que d’aucuns jugeraient plus ambigu de nos jours. En effet, en invitant le célèbre Maghrébin à rejoindre les colonnes du temple maçonnique le G.O.D.F. souhaite se l’attacher afin d’en faire un ambassadeur de l’Occident dans la « maison de l’islam », jugée délabrée et abritant des peuples très arriérés qu’il convient d’éduquer. Avec plus de vingt ans d’avance, les dignitaires maçonniques défendent la « mission civilisatrice de la France » qu’exposera, le 28 juillet 1885, leur frère Jules Ferry (10)  lors de son célèbre discours sur « les fondements de la politique coloniale » à l’Assemblée nationale.

C’est donc à la suite des événements de Damas que la loge parisienne « Henri IV » prend l’initiative de contacter Abd el-Kader. Ce dernier, qui a eu le temps de s’informer auprès de maçons levantins, répond favorablement et entame un échange de correspondances aboutissant à son initiation le 18 juin 1864, à Alexandrie, dans la loge « les Pyramides d’Égypte  » (11). L’Algérien, familier depuis sa prime jeunesse du mysticisme d’Ibn Arabi, considère avec intérêt une organisation visant à rapprocher tous les hommes autour d’un idéal mêlant étroitement fraternité, symbolisme et déisme. À cette aune, il est tentant d’assimiler la franc-maçonnerie à une sorte de confrérie soufie. Dans cette perspective rien n’interdit à un musulman frotté d’ésotérisme de rejoindre d’autres monothéistes également attirés par une spiritualité exigeante et savante. Ce fut le choix de l’Émir.

Certes, comparaison n’est pas raison mais force est d’admettre que la maçonnerie occidentale se référant au Dieu unique, organisée autour d’une société recrutant par cooptation et proposant une interprétation du monde à partir de l’architecture, présente des affinités avec le soufisme. C’est ce qu’explicite l’auteur dans la seconde partie du livre opportunément nommée Soufisme et franc-maçonnerie. Le lecteur, surtout s’il est franc-maçon, ne manquera pas d’être vivement intéressé par tout un ensemble de pratiques – rites initiatiques, instruction par degrés, culture de la discrétion entre autres – qui caractérisent certaines confréries musulmanes. Maçons et Soufis parcourent des voies parallèles qui donnent tantôt l’impression troublante de se confondre. Les uns comme les autres développent une interprétation symbolique des textes en distinguant l’aspect trivial (ظاهر zhâhir « évident, apparent » c’est-à-dire la « forme ») du sens secret (باطن bâtin « intérieur, caché » c’est-à-dire le « fond ») des choses. Ce sont tous ces aspects, généralement méconnus, qui sont développés par Bruno ÉTIENNE. Et celui-ci de faire œuvre utile en insistant sur la parenté spirituelle des ordres maçonnique et soufi, sans toutefois négliger ce qui les distingue. C’est croyons-nous, le privilège du chercheur travaillant avec objectivité et intelligence.

On s’est beaucoup interrogé sur le degré d’adhésion du mystique algérien dans la Franc-maçonnerie d’autant que celle-ci connut, à partir de 1877, une évolution laïque. Sans nullement interdire la référence au Grand Architect de l’Univers, la liberté de conscience fut laissée à chacun. Dès lors le Grand Orient de France se définit comme adogmatique et n’imposa plus la croyance en Dieu et en l’immortalité de l’âme. On peut légitimement penser qu’une telle évolution n’était pas du goût d’Abd el-Kader qui était particulièrement pieux. Cependant, si les preuves matérielles de l’engagement maçonnique de l’Algérien sont nombreuses, on ne trouve aucune trace de rupture officielle. Enfin, si le disciple d’Ibn Arabi ne fut pas très assidu aux travaux des loges il ne trouva rien à redire lorsque quatre de ses sept fils furent initiés.

Une poésie de Rudyard KIPLING  (12) (1865-1936) The Ballad of East and West publiée en décembre 1899 débute par ce vers célèbre : Oh, East is East and West is West, and never the twain shall meet que l’on peut traduire hâtivement par : Oh ! l’Orient est l’Orient, l’Occident est l’Occident et jamais les deux ne se rencontreront (13) . L’exégèse de ce texte subtil écrit en heptamètres est complexe, à l’image des relations tourmentées qu’entretiennent depuis presque un millénaire et demi le Croissant et l’Europe judéo-chrétienne. Contrairement à ce que laisse entendre la phrase, le dialogue et un respect mutuel entre ces deux univers hostiles sont possibles mais peu fréquents. Ce sont des rencontres rares, toujours promues par des êtres d’exception. C’est le cas de Kamal et du fils du colonel anglais dans cette ballade.

L’Émir Abd el-Kader symbolise à juste titre un échange fructueux entre l’Orient et l’Occident. Par son double cheminement spirituel, soufi et franc-maçon, il est véritablement un maître de lumière, un ambassadeur de l’universel. Le travail de Bruno ÉTIENNE le prouve à satiété.

Qui sait si l’écrivain britannique ne s’est pas inspiré du maçon algérien pour le personnage du guerrier afghan dont le nom Kamal (كمال) signifie « perfection » en arabe ? Car, cette recherche de perfection, qu’ils savent hors d’atteinte ici-bas mais indissociable de la Connaissance, n’est-ce pas une démarche commune aux maçons et aux soufis ?

Dixi
                                                    Winston Belmonte


Notes :

1 -   L’appartenance du Maréchal Bugeaud (1784-1849) à la Franc-Maçonnerie est, pour beaucoup, quasi-certaine. Ainsi, le site du Centre de Documentation Historique sur l’Algérie (http://www.cdha.fr/la-franc-maconnerie-en-algerie-utopie-inoperante) rapporte : « On peut lire dans un compte-rendu de la loge Bélisaire, en date du 4 juillet 1849 : “il est tiré une batterie de deuil pour le frère Bugeaud, ex-gouverneur général, membre honoraire de la Loge d'Oran” ». Précisons que la loge Bélisaire fut fondée en 1833 à Alger. Elle fut le deuxième atelier maçonnique créé en Afrique du Nord française.
D’autres, cependant, sont moins affirmatifs. Par exemple, le spécialiste Xavier YACONO dans Un siècle de Franc-Maçonnerie Algérienne (1785-1884) admet seulement que le duc d’Isly a pu être initié dans les années 1836-37.

2 -   Être bouddhiste en France aujourd'hui (avec Raphaël LIOGIER), Hachette, mars 1997.

3-   Pour retrouver la parole : Le retour des frères (avec Alain BAUER, Roger DACHEZ et Michel MAFFESOLI,), Table ronde, août 2006 et La Spiritualité Maçonnique pour redonner du sens à la vie, Dervy, octobre 2006.

4 -   Bruno ÉTIENNE venait juste d’avoir 22 ans lorsqu’il devint apprenti maçon, en janvier 1960, à Marseille.

5 -   L’Équerre et le Croissant (p. 9), dans Les Cahiers de l’Orient, N°69, Premier trimestre 2003.

6 -   Cf. article 17 (texte du 18 août 1988).

7 -   Il est très intéressant de constater qu’outre le nom de l’Émir algérien, cette couverture mentionne également ceux de Jamâl ad-Dîn al-Afghânî (جمال الدين الأفغاني la Renaissance) et Muhammad Abduh (محمد عبده la Renaissance), deux des plus grands intellectuels arabes qui participèrent au mouvement de renaissance des lettres et de la société arabes (النهضة An-Nahdah, la Renaissance).

8 -  Précisions néanmoins que des loges maçonniques prospèrent déjà en Orient et comptent des frères musulmans, notamment dans l’Empire ottoman et dans les Indes britanniques.

9 -   Également dénommés « gens du livre » (أهل الكتاب ahl al-kitâb), ce sont les chrétiens et juifs autorisés à vivre en pays musulman mais dans le cadre d’un régime légal contraignant et, le plus souvent, avilissant.

10  Jules Ferry (1832-1893) fut initié en grande pompe, avec Émile Littré (1801-1881), dans la loge « la Clémente Amitié » en 1875.

11 -  La cérémonie fut faite pour le compte de la loge « Henri IV ».

12 -   L’écrivain anglais fut initié à Lahore, en 1886, dans la loge « Hope and Perseverance ». Comme Jules Ferry, ce fut un ardent défenseur du colonialisme. Cependant, pour bien comprendre la position de ces deux hommes sur cette question il faut la contextualiser dans les débats de l’époque.

13 -  Comprenons : « ne pourront s’entendre et vivre pacifiquement l’un avec l’autre ».