Article épinglé

COVID et CRIMES

Белла Девяткина

Orthodox

 «C’est vrai, prince, que vous avez dit, une fois: ‘C’est la beauté qui sauvera le monde’?» 
Dostoievsky L'Idiot


https://youtu.be/xOiycw4UQGA


https://youtu.be/bH1s8PcDBEM https://youtu.be/AHP4Z84a_WY

dans une civilisation, le corps suit l'idée que les humains ont d'eux et elles mêmes,
idée qui élève, et forme le corps à l'image de la beauté intérieure,

Un allemand compare l'islam au nazisme et rappelle Churchill sur l'islam

German confronts Muslim "Islam is Nazism"

NBT Network 



Polish girl speaks out against islamic law  -


Nadia Remadna écrit contre l'antisémitisme

Traitée en banlieue par les islamistes et certains autres qui se reconnaitront « d'islamophobe », on m'insulte aujourd'hui depuis des cercles qui se voudraient plus vertueux, en voulant faire de moi une antisémite.
Que les choses soient claires : je ne suis pas antisémite.
Dans un message privé suite à un harcèlement et des manipulations absolument odieuses qui durent depuis des mois sur les réseaux sociaux, j’ai évoqué une personne en la désignant maladroitement et pour tout vous dire, je ne m’en excuserai certainement pas auprès de cette personne, dont j’ai toutes les raisons de penser qu’elle est extrêmement mal intentionnée à mon égard…
En revanche, je m’en excuserai auprès de toutes celles et tous ceux qui auraient pu se sentir heurtés : ce n’est pas mon état d’esprit ni mes valeurs et je m’excuse auprès de ces personnes. Je reconnais ma maladresse, quoique largement provoquée et tiens à m'excuser auprès de l’ensemble de la communauté juive dont certains sont mes amis et le sont toujours, quand d’autres, qui ne me connaissent pas personnellement, sont en droit d’attendre de ma part des explications.
Le fait est qu’on me reproche souvent de ne pas avoir « les codes » et que, surtout, au moment où j’écris ce message privé, je réponds à un individu que je connais à peine et qui sait pertinemment que je suis sous traitement médicamenteux après un gros passage à vide et qui plus est, des moments difficiles qui m’avaient conduit à une hospitalisation.
Une hospitalisation que je dois aux attaques venant précisément de ces mêmes personnes et qui m’ont conduit à envisager de tout arrêter.
Ces gens contre qui des plaintes avec constitution de partie civile sont déposées (et je vous le confirme, il y a bien des procédures judiciaires en cours) sont allés jusqu’à m’accuser d’utiliser mes enfants et d’avoir inventé des agressions « islamistes » et les menaces dont j’ai été l’objet, ceci afin de me pousser complètement à bout.
Sur ces menaces aussi, une procédure est en cours. Je ne suis d’ailleurs pas la seule à avoir été menacée et chacun comprend que dans ce combat, il y a une part de dangerosité avec laquelle on doit composer, surtout quand on vit en zone sensible.
Il arrive que l’expression écrite ne soit pas rapport avec la pensée précise du moment et encore moins avec ses valeurs en général et je vous le dis sans détour, c’était clairement le cas ce jour là.
Pour être parfaitement claire avec tout le monde, l’écrit n’est pas mon fort et je sais désormais que je dois m’entourer. Je suis connue et respectée en tant que travailleuse de terrain et il y a longtemps que je sais que l’intelligence humaine ne s’exprime pas que d’une seule manière, que l’écrit n’est qu’un moyen. Mais j’apprends de mes erreurs et je réalise que si l’imprécision ou l’amalgame dans les mots est gênant, cela devient dangereux sur des sujets sensibles et celui de la judéité et de l’essentialisation en est un ; qu’il ne faut pas reprocher à quelqu'un ce qu’il est mais ce qu’il fait et c’est ce que j’aurais voulu faire ce jour-là.
Alors j'ai fait une erreur en employant ce terme et j'ai donné aux ennemis de notre combat des armes pour m'attaquer, ce qui est déplaisant mais pas grave. En revanche en utilisant cela pour me discréditer, c'est notre combat commun qui est fragilisé et je m'en excuse auprès de vous tous.
Mais voilà, ces attaques ne datent pas d'aujourd'hui. Elles sont le fruit d’actions malintentionnées qui ne méritent pas l'importance que leurs auteurs souhaitent leur donner et ne méritent que les explications que je donne ici.
Poussée toujours plus à bout par quelques uns ( et j’insiste sur le faible nombre de personnes concernées), on cherche l’erreur , on la traque. Je passe en ce moment plus de 12 heures par jour à devoir répondre aux messages, aux courriers etc ..
Depuis des semaines, je fais donc face à des accusations d'antisémitisme, qui viennent toutes d’un microcosme de quelques uns qui ne représente d’ailleurs rien d’autre que lui-même.
Ces quelques individus me reprochent continuellement d'avoir participé à une manifestation du BDS en juillet 2014 et j’ai déjà longuement expliqué ce qu’il en était, à savoir une récupération de la part de cette association bds, à une époque où des élus locaux, avec qui j’ai très vite pris mes distances, tentaient de s’associer à mon combat pour mieux m’associer au leur.
J’ai déjà expliqué à maintes reprises que comme beaucoup d'autres personnes, je ne connaissais pas alors ce mouvement et me suis faite avoir. Alors je le redis pour la énième fois clairement: je ne soutiens pas le bds et suis contre leur idéologie. Je ne suis pas favorable au boycott d'Israel non plus. Je fais partie de ces gens qui aimeraient que les peuples palestiniens et juifs trouvent un compromis et puissent vivre en paix.
Surtout je me bats pour que le conflit israélo-palestinien ne serve pas à alimenter la haine des juifs, la violence antisémite et ne nourrisse pas le sentiment de victimisation et d'injustice de nos jeunes, car cela nous envoie collectivement dans le mur

Je me bats chaque jour contre l'intégrisme religieux, les préjugés et la déscolarisation.
Ce ne sont pas ces techniques de déstabilisation qui entameront ma détermination dans ce combat.
Je vis parfois difficilement le passage d’une vie ordinaire à celle d’une personne qui doit gérer une exposition médiatique violente et qui suscite manifestement des jalousies ici, de l’inquiétude là.
Je pense que j’inquiète certains car ceux-là pensent de moi que je suis « incontrôlable ».
Je dois vous avouer que si ce n’est pas tout à fait faux, je ne suis pas non plus dénuée de sens de l’intérêt général, ce qui semble en revanche cruellement manquer à certains.
La mission que je me suis assignée n’est d’ailleurs pas de nuire aux intérêts de quelques politiques ou d’un parti, mais de dénoncer ce qui me semble extrêmement préoccupant et dangereux.
Et ce que je dénonce fait froid dans le dos.
Non, ce n’est pas daesh qui me préoccupe le plus, mais bien ce que pense et vit un jeune de 10 ou 11 ans, quand je l’observe et l’écoute
.
Oui, acter que de nombreux jeunes vivent et grandissent dans la haine de la France de manière encore plus préoccupante que leurs aînés est en soit terrible, le dénoncer est dangereux. Dangereux dans un quartier sensible, dangereux dans un environnement politique trop rarement bienveillant, malgré quelques bonnes rencontres, tous bords confondus.
Mais je le dis à ceux qui veulent par tous les moyens m’empêcher de continuer mon combat : ne vous trompez pas d’ennemis. Ne nous trompons pas de combat.
Je dis à ceux-là : si vous ne souhaitez pas que le Pays réalise et comprenne ce que je dénonce, c’est que vous ne souhaitez pas le bien de votre Pays.
Malgré tous mes défauts et mes erreurs, c’est cette place, modeste, que je revendique dans ce combat.
Cette place n’est pas la seule, n’est pas exclusive de celles que quelques uns occupent ou que d’autres voudront bien occuper, avec le même courage et en s’exposant aux mêmes dangers, aux mêmes craintes et aux mêmes déséquilibres de leur vie personnelle.
Je ne gagne à ce jour rien pour ce combat. Si des discussions autour de subventionnements sont en cours, à la date de ce message, il n’en n’est rien et c’est de manière totalement bénévole que j’agis, que ceux qui m’accompagnent agissent.
Comme le dit un ami, l’associatif comporte souvent les mêmes inconvénients que la politique sans ses avantages.
Je ne tire pour le moment aucun avantage de ce que je fais et je le fais pour vous. Je ne vis que de vos encouragements à continuer, malgré les coups que je prends.
Je vous laisse donc à vous et à vous seuls le soin de juger ce qu’il en est et de vous prononcer.
Sincèrement,
Nadia

orthodox

 «C’est vrai, prince, que vous avez dit, une fois: ‘C’est la beauté qui sauvera le monde’?» 
Dostoievsky L'Idiot


https://youtu.be/xOiycw4UQGA


https://youtu.be/bH1s8PcDBEM https://youtu.be/AHP4Z84a_WY

dans une civilisation, le corps suit l'idée que les humains ont d'eux et elles mêmes,
idée qui élève, et forme le corps à l'image de la beauté intérieure,
ou dans certaines civilisations malades, tout au contraire, corps exhibant son abandon aux pulsions des viscères et l'envahissement des salissures, corps violeur






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 Валерия Курнушкина

Anne-Marie Delcambre : islam contre démocratie


Est-ce que la démocratie est possible en islam ?
C’est absolument impossible.
Parce que toujours on fait la distinction entre la « hamma » et la «  rhassa » : il y a les droits de Dieu, il y a les devoirs du croyant.  Il n’y a même pas la possibilité des droits de l’homme ou du citoyen : il y a les devoirs du croyant.
… à moins de ijtihad.

Anne-Marie Delcambre
1991


Anne-Marie Delcambre : islam "islamisme" finance islamique

L'Islam n'a pas deux visages

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Pour ne pas avoir à accuser l’islam de violence et de terrorisme, les occidentaux non musulmans et certains musulmans occidentalisés ont inventé “l’islamisme”. Idéologie politique et guerrière, l’islamisme n’aurait, selon eux, absolument rien à voir avec l’islam religion. En d’autres termes, il y aurait deux islams: l’islam éclairé, ouvert, pacifique, religion d’amour, de tolérance et de paix – et ce serait la religion pratiquée par la grosse majorité des musulmans qui ne demanderaient qu’à pratiquer leur religion dans la tranquillité – et l’autre islam -l’islamisme- obscurantiste, fermé sur lui-même, sectaire, fanatique, guerrier, un islam politique, déviant et malade et qui n’aurait rien à voir avec le premier, le vrai, le bon, le juste, le rayonnant, le modéré, le mystique, le frère du judaïsme et du christianisme, dont la haute spiritualité conduirait de nombreux non musulmans à se convertir. 

Cette invention des “deux islams” est extrêmement pratique car elle rassure l’Occident non musulman sur la nature de l’islam. Malheureusement il s’agit là d’un énorme mensonge car il n’y a qu’un seul islam et il n’a pas deux visages mais un seul à facettes multiples. La facette mystique et la facette terroriste sont les deux extrêmes, mais de nombreuses facettes se situent entre ces deux facettes extrêmes et toutes ont toujours coexisté et s’abreuvent aux mêmes sources, le Coran, considéré comme la Parole de Dieu et la personne de Muhammad -Mahomet- qui constitue pour tous les musulmans, sans exception, le beau modèle à suivre, comme le prescrit le Coran. (Sourate 33, les Factions, verset 21 “Vous avez dans l’Apôtre d’Allah, un bel exemple (uswatun Hasanatun) pour quiconque espère en Allah et au Dernier Jour et invoque (dhakara) Allah fréquemment”)[Traduction Régis Blachère].

Or, dans le Coran, Parole de Dieu, il est difficile de nier que les ordres de Dieu n’appellent à la paix que lorsqu’il n’est pas possible de faire autrement... Dans la sourate 47, Muhammad (Mahomet), verset 35 ou 37, il est prescrit “Ne faiblissez donc pas! N’appelez point à la paix alors que vous avez la supériorité! Allah est avec vous et Il n’abolira pas vos [louables] actions”. Et ces ordres de Dieu, il serait sacrilège d’y toucher. Les paroles divines emprisonnent le croyant, lequel n’aurait jamais l’idée d’en sortir. Comme le fait remarquer Jean-Paul Roux, dans son dernier livre “les Ordres d’Allah”: “Au cours des siècles, on en a fait des commentaires [de ces paroles], on les a expliquées, on a essayé de tirer au clair ce qu’elles avaient d’obscur. On ne les a jamais contestées. Toutes les tentatives d’interprétation libérale ont été vouées à l’échec, que ce soient celles des mutazilites du IX ème siècle, qui soutenaient la théorie d’un Coran créé, et non pas incréé, ou celles des chiites ismaéliens qui en faisaient une lecture ésotérique. Toute personne qui prétend user de son intelligence, de son jugement, de sa science pour aboutir à des conclusions même justes, mais opposées au sens obvie est dans l’erreur car son intelligence, son jugement, sa science ne sauraient égaler ceux d’Allah. Il en découle que toute étude historique et épistémologique semblable à celles qui ont été réalisées en Occident sur la Bible et les Evangiles est impensable et n’a effectivement pas lieu.”

Et la question qui est posée est extrêmement grave car il s’agit de savoir si le musulman est à jamais enfermé dans le carcan de ses textes fondateurs? L’islamologue turcologue qu’est Jean-Paul Roux –qui recherche plus la conciliation que la provocation– énumère les ordres d’Allah qui sont dans le Texte coranique. “Le musulman doit-il, dans certains cas, battre ses femmes, interdire qu’elles épousent des infidèles, se séparer d’elles en les répudiant, condamner la consommation du vin et les jeux de hasard, haïr les juifs, s’efforcer par tous les moyens d’imposer sa religion, tuer les infidèles, de la même façon qu’il doit être modeste, patient humble, juste, honnête, charitable, respectueux, dévoué à ses parents? On est tenté de répondre par l’affirmative, toute innovation étant blâmable, une hérésie (bida).” (p 132 “les Ordres d’Allah”, Editions Desclée de Brouwer, 2006).

Si Jean-Paul Roux est tenté de répondre oui, lui qui cherche, autant que faire se peut, la conciliation, on peut être fortement inquiet. C’est un Catholique honnête et parce qu’il a publié de nombreux ouvrages sur la Turquie, l’Iran, l’empire mongol, il sait que ce qu’il dit s’applique à l’ensemble du monde musulman. Mais là où l’islam est particulièrement dangereux, c’est qu’il englobe toute la vie du croyant, du berceau jusqu’à la tombe, dans tous les domaines et qu’il n’y a pas de séparation entre le public et le privé, pas plus qu’il n’y a de séparation entre le politique et le religieux. L’islam est total, global, il englobe la totalité car tout comportement obéit à une règle. Mais en même temps chaque règle est une règle de comportement religieux, que cette règle soit dans le domaine juridique, politique ou intime. C’est le religieux qui recouvre tout. Le système pleinement réalisé devrait s’appeler théocratie et jamais «démocratie». On nous ment quand on nous affirme que l’islam serait une foi qui se pratique dans la sphère privée, comme le christianisme. L’islam est à la fois une foi, une loi, un droit (fiqh), lequel est l’application de la Loi qu’est la charî’a. Et cette charî’a a prescrit de combattre l’infidèle (jihâd ou qitâl), de lui réserver un traitement inégalitaire (dhimmî), d’appliquer aux musulmans des peines fixes (hudûd) pour des crimes bien définis (adultère (zinâ), apostasie (ridda), blasphème(tajdîf), vol (sariqah), brigandage (qat’ al-tarîq), meurtre (qatl) et bien sûr consommation d’alcool. 

Quant au beau modèle que constitue le prophète pour les musulmans, doit-on gommer les passages de sa biographie (sîra) où il a été amené à verser le sang, à s’attribuer des captives de guerre, à partager le butin. Martine Gozlan dans son livre sur l’islamisme (“Pour comprendre l’intégrisme islamiste”, Editions Albin Michel, 1995) ose parler des deux visages de Mahomet, celui fasciné par l’exemple de Jésus, attiré par la prière, sensible à la tendresse et à la douceur, et un Mahomet, celui de Médine, qui va se montrer parfois rancunier, cruel, conquérant. “Aucune grille d’explication de l’islam ne peut passer sous silence cette dualité” écrit-elle!

Mais c’est là justement que réside la malhonnêteté de cette analyse: le prophète aux deux visages, les deux Corans, l’islam et l’islamisme. Faudrait-il conclure que l’islam est double tout simplement parce qu’il faut occulter une partie inquiétante de cette religion! Alors on a choisi d’évincer cette partie jugée mauvaise et de l’appeler: “islamisme”, “intégrisme”, “fondamentalisme”, «salafisme», “wahhabisme”, dans une superbe ignorance de la signification de ces termes, prêts à tout pour trouver des mots “boucs émissaires” pour dédouaner cette belle religion qu’est l’islam, que l’on estime injustement attaquée, calomniée, méprisée. C’est tout juste si certains n’entreprennent pas la réhabilitation de l’islam, tandis que d’autres en font l’apologie de manière éhontée, dans le silence complice des autres religions. 

Que l’islamisme soit rendu responsable de toute la violence de l’islam, c’est bien pratique et c’est tellement facile. Mais que va t’on faire pour le Coran et pour le Prophète? Va t’on enlever tous les Ordres d’Allah incompatibles avec les droits de l’Homme? Et le Prophète… qui aurait deux visages, comment va t’on faire? Va t’on en faire un nouveau Janus, avec les deux visages tournés en sens contraire, un visage pour le “bon” islam et un visage pour “l’islamisme”!

Car pour expliquer les attentats, il suffit de se reporter à la vie du prophète, lequel a justifié l’assassinat politique pour le bien de l’islam. De même, faire peur, inspirer la terreur (rahbat) -dont on a tiré le mot moderne “terrorisme” (irhâb))- était la méthode que le noble modèle préconisait pour semer la panique chez les ennemis de l’islam. 

Alors dire que l’islamisme n’est pas l’islam, qu’il n’a rien à voir avec l’islam, est faux. Pour le musulman d’hier et d’aujourd’hui il n’y a qu’un seul Coran comme il n’y a qu’un seul prophète. L’islamiste est autant musulman que le mystique car il s’appuie sur ces deux fondements. Et dans ces deux fondements il y a l’appel au combat. Ici-bas la guerre pour la victoire de l’islam doit être poursuivie tant que l’islam n’est pas entièrement victorieux. La paix n’est envisageable que si la victoire paraît, pour le moment, impossible ou douteuse (sourate 47, verset 35/37). Mais la paix sera plutôt une récompense du paradis, quand toute la terre aura été pacifiée. Comment passer sous silence que pour les musulmans le monde se partage entre le territoire de l’islam (dâr al-Islam) et le territoire non musulman, qualifié de territoire de la guerre (dâr al-harb).

Certes il y a un incontestable idéal de paix, qui est en fait un idéal de pacification. C’est pourquoi il est dit, à propos des ennemis “S’ils inclinent à la paix, toi aussi incline vers elle” (sourate 8, le butin, verset 61/63). Mais il faut lire le verset qui précède, (sourate 8, verset 60/62) “Préparez, contre ces Infidèles, ce que vous pourrez de force et de chevaux par quoi vous effraierez l’ennemi d’Allah… » Et c’est le verbe arhaba qui est utilisé (turhibûna bihi), qui signifie susciter la terreur. C’est le nom d’action (masdar) de ce verbe (irhâb) qui a été choisi pour traduire le mot “terrorisme”. 

Entre l’islam et l’islamisme, il n’y a pas de différence de nature mais de degré. L’islamisme est présent dans l’islam comme le poussin l’est dans l’oeuf. Il n’y a pas de bon ou mauvais islam, pas plus qu’il n’y a d’islam modéré. En revanche il y a des musulmans modérés, ceux qui n’appliquent que partiellement l’islam. 

Et c’est bien là qu’est le problème. Qui qualifiera t’on de bon musulman? Celui qui stigmatise et tue les infidèles, les idolâtres, les athées, les mécréants, bref tous ceux qui sèment la corruption sur la terre comme l’ordonne le Saint Coran, ou celui qui choisit de lire le Coran autrement, une lecture occidentale, christianisée et laïcisée… Et considérée comme hérétique par rapport à l’interprétation traditionnelle musulmane. 

Les autruches occidentales ont choisi de ne pas répondre à cette question et de condamner pour incitation à la haine celui qui oserait prétendre que l’islam n’est pas une religion d’amour, de paix et de tolérance. Elles se sentent d’ailleurs soutenues par les autruches musulmanes qui trouvent commode de présenter l’islam comme une religion idéalisée, sachant que les vrais musulmans “ceux qui savent” ne seront pas dupes. Et quant aux autres, une réislamisation habile aura vite fait de les remettre sur le droit chemin. De plus il ne faudrait pas oublier que la «taqiyya», la dissimulation de protection, est partie intégrante de l’islam chiite et rendue obligatoire («Quiconque n’observe pas la taqiyyah n’a pas de foi: «man lâ taqiyyata lahu lâ dîna lahu»). Or, la taqiyyah est curieusement adoptée aussi par les musulmans sunnites, ce qui leur permet de nous «servir» un discours «light» pour mieux nous tromper sur la réalité de leur religion. Ils ne mentent pas vraiment, ils dissimulent pour faire avancer l’islam! L’avantage non négligeable c’est que des non musulmans pourront ainsi être attirés par cette religion abrahamique, présentée comme si proche du christianisme et du judaïsme et par le biais de ces conversions, l’islam progressera en Europe. 

On comprend donc mieux ce consensus qui s’opère pour maintenir, renforcer même, la distinction islam/ islamisme. Le malheur c’est que ces autruches ignorantes ou malhonnêtes ne sont pas de simples mortels. Certaines occupent de hauts postes dans la hiérarchie religieuse. Des rabbins, des pasteurs, des curés, des religieux dominicains, pères blancs, jésuites se sont mis d’accord pour établir un dialogue entre religions. Alors on gomme soigneusement ce qui pourrait diviser. Et on trouve très pratique de parler d’islamisme alors qu’il s’agit, qu’il s’est toujours agi d’islam, purement et simplement. 

Car parlons-en de cet islam idéalisé, qualifié d’islam des lumières, qu’on ne cesse de nous vanter. Ce serait l’islam des philosophes et l’islam des mystiques. Or c’est absolument faux de dire que cet islam des lumières ne serait pas un islam des interdits. Aucun philosophe, aucun mystique n’a jamais renié le Coran et le prophète. Oser parler d’un islam des Lumières qui s’opposerait à l’islam juridique revient à envisager un islam qui est encore à naître.

Pour accepter l’islam, l’Europe a forgé le mythe de l’Andalousie tolérante qui aurait constitué un âge d’or pour les trois religions. Tout ce qui concerne les combats, le statut humiliant du non musulman a été soigneusement gommé. Il s’agit d’une véritable falsification de l’histoire réelle. Sinon comment expliquer cette phrase du grand philosophe juif Maïmonide, mort en exil au Caire (Egypte), en 1204 à propos de l’islam des conquérants musulmans almohades d’Espagne: «Jamais nation ne nous a brimés, dégradés, avilis et haïs autant qu’eux». On peut aussi se demander pourquoi le philosophe Avicenne, au Xème siècle, fut obligé de fuir, toujours persécuté pour ses idées hétérodoxes par les Turcs sunnites et pourquoi les musulmans le considèrent comme hérétique. Mais surtout pourquoi le grand mystique Mansur Al-Hallaj, né en 858, qui préconisait simplement l’amour de Dieu jusqu’à l’extase, fut condamné à mort en 922. Il fut conduit sur la place publique, les bourreaux lui coupèrent les mains et les pieds, le flagellèrent de cinq cents coups de fouet. Il fut mis en croix. Décapité, son corps fut arrosé de pétrole, brûlé et ses cendres furent dispersées. La tête fut exposée, piquée au sommet d’une lance, sur un pont du fleuve Tigre, deux jours durant. C’était en 922. Mais le 7 mai 1131, «Ayn Al-Quzât Hamadani», mystique persan du XIIème siècle, accusé d’hérésie, fut écorché vif, pendu et jeté au feu… Il avait trente-trois ans. Son seul crime était d’être mystique…

Alors qu’on cesse de nous considérer comme des idiots qui ignoreraient l’apport de l’islam des lumières. En réalité on ne nous dit jamais que les textes grecs ont été traduits par des Chrétiens d’Orient , à partir du syriaque ou directement du grec. (Ni Avicenne, ni Averroès ne connaissaient le grec!). Qu’on cesse de nous dire qu’il y eut un islam philosophe ou mystique accepté par la majorité des musulmans. C’est exactement le contraire. Le peuple musulman ne toléra jamais que l’on s’écarte de l’interprétation littérale des textes. Le calife abbaside al-Ma'mûn (813-833) voulut imposer par la force l’usage de la raison pour les juristes de l’islam, mais certains comme Ibn Hanbal (fondateur de l’école juridique hanbalite) préféra se faire emprisonner et se laisser fouetter.

Qu’on arrête les mensonges destinés à nous anesthésier. Les musulmans veulent faire admettre par l’Occident un islam habillé autrement et débarrassé de ses aspects choquants. Comme le fait remarquer Marie Thérèse Urvoy, «ils savent jouer des contradictions des Européens, retrouvant les thèmes qui les préoccupent et utilisant le même vocabulaire: la liberté de la femme, son libre choix, ses droits. Les Occidentaux ne répondent rien, incapables de renvoyer quelque image de grandeur et de dignité spirituelle». Les raisons? L’islamologue les donne: d’abord nous sommes victimes de la culture du remords. On se culpabilise pour tout. Mais la deuxième raison est une détestation pathologique de soi: l’Occident se sent coupable et le réflexe inhérent à ce mépris de soi, conduit à préférer l’autre à soi-même: l’islam en Europe a vite compris qu’il était la parfaite incarnation de cette altérité.

On s’explique alors cette double attitude envers l’islam chez les Européens, intellectuels et universitaires inclus: l’aversion, parfois irrationnelle, et l’adulation, aussi irrationnelle mais souvent complaisante (par exemple le savant Alain de Libera récriminant contre «l’occultation des sources arabes de la pensée européenne» [Qantara, n° 44, été 2002]). Le passage de l’une à l’autre attitude est fréquent. Aussi, tablant sur cette complaisance des Occidentaux, s’est mis en place une propagande islamique très élaborée, une véritable stratégie d’islamisation. D’où le procédé de revendiquer pour le pur islam toutes les qualités. En même temps, très habilement on dénonce les faiblesses des autres religions. Mais surtout on fait reposer sur l’islamisme toute la violence.

C’est ainsi que Muhammad Talbi, cité par Marie Thérèse Urvoy, n’hésite pas à écrire «Tout dans le Coran invite à la mansuétude. Toute la charia, élaboration purement humaine (..) insiste sur le répressif et ordonne des peines qui n’existent pas dans le Coran: lapidation, décapitation, les deux peines bibliques (sic). Et cette façon d’amalgamer judaïsme et christianisme historiques avec ce qui est présenté comme étant des dérives musulmanes -l’islamisme-, cela est très bien vu des milieux laïques ainsi que de nombre de Chrétiens progressistes». On pourrait ajouter que les juifs progressistes s’associent à cette analyse. C’est plutôt curieux pour les Juifs d’Afrique du Nord qui idéalisent leur vécu en terre d’islam. Ils n’ont trouvé la liberté que sous administration française ou dans les pays occidentaux...

Mais l’on remarquera bien que ces habiles stratèges musulmans se gardent, bien entendu, de parler des versets abrogeants et des versets abrogés. Les versets abrogeants, les plus durs et chronologiquement les derniers révélés, abrogent les versets plus doux, et ceci à partir de l’an 9 de l’hégire, (sourate 9 verset 29). D’autre part, les versets plein de mansuétude, de bonté et de miséricorde ne s’adressent qu’ aux croyants (musulmans)... Le Musulman est le frère du croyant musulman «al-muslim akhû al-musim». Il ne se sent absolument pas le frère du Chrétien, le frère du Juif. Et encore moins le frère de l’athée, de l’impie. Quand il est interdit de tuer (sourate 5, verset 32/35), c’est bien des croyants musulmans, véritables successeurs des Enfants d’Israël, dont il s’agit. La preuve, le verset suivant, verset 33/37 le confirme clairement: «La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays» (..). Texte merveilleux de douceur!

Et l’amour des Juifs (?) transparaît clairement dans cette même sourate 5, verset 64/ou 69: «Et les Juifs disent: «La main d’Allah est fermée». Que leurs propres mains soient fermées et maudits soient-ils pour l’avoir dit. Au contraire, ses deux mains sont largement ouvertes. Il distribue ses dons comme il veut. Et certes, ce qui a été descendu vers toi de la part de ton Seigneur va faire beaucoup croître parmi eux la rébellion et la mécréance. NOUS AVONS JETE PARMI EUX L’INIMITIE ET LA HAINE JUSQU’AU JOUR DE LA RESURRECTION. TOUTES LES FOIS QU’ILS ALLUMENT UN FEU POUR LA GUERRE, ALLAH L’ETEINT. ET ILS S’EFFORCENT DE SEMER LE DESORDRE SUR LA TERRE ALORS QU’ALLAH N’AIME PAS LES SEMEURS DE DESORDRE». Loin d’être abrogé ce verset a été cité, mais habilement tronqué, pour appuyer une fatwa de l’UOIF, destinée aux musulmans, lors des émeutes des banlieues. D’ailleurs la sourate 5, la table servie, est la dernière révélée dans l’ordre de la révélation. Comme les versets de la sourate 9, ses versets ne sont pas abrogés. Or, c’est le contraire qu’on veut nous faire croire, dans le plus total mépris de toute la littérature traditionnelle musulmane (depuis le commentaire de Tabari au 9ème siècle jusqu’à celui de Sayyid Qutb, le maître à penser du mouvement des Frères musulmans, pendu sur l’ordre de Nasser, en 1966. Les commentaires sont extrêmement répétitifs et ne vont jamais dans le sens d’un adoucissement). 

Mais nous ne demandons qu’à croire le discours lénifiant de nos autruches parce que nous avons peur de ce que nous pressentons obscurément: Si l’islam est violent alors il faudra le combattre et nous n’en avons pas envie. Alors par lâcheté nous écoutons ce qui nous rassure. Mais comment être pleinement rassurés quand on sait que, remarque Marie-Thérèse Urvoy, «dans la dernière mouture de la charte des Musulmans de France, le droit de changer de religion a été supprimé sans que cela soulève de grandes protestations».

«Les louables soucis d’humanisme, d’universalisme ou simplement la crainte de paraître raciste nous font passer sous silence toutes les questions épineuses, nous font taire ou déguiser la vérité comme si l’on pouvait construire sur des mensonges, même bien intentionnés» remarque Jean-Paul Roux (p 12). La vérité, c’est qu’il n’y a qu’un islam et dans cet islam, l’image du juif, de l’athée, de l’idolâtre, du chrétien trithéiste rend impossible la fraternisation du musulman avec eux... Le problème ce n’est pas l’islamisme… C’est le Coran et le prophète. Tout simplement.


Anne-Marie Delcambre pour LibertyVox

© Anne-Marie Delcambre pour LibertyVox - Article paru le 25/06/2006  pour Libertyvox


La Finance islamique ou l’islamisation déguisée

Les musulmans ont enfin trouvé le moyen de séduire l’Occident par le biais de… la finance.

Qui dit «Finance» dit «argent» et l’imagination populaire a vite fait de conclure que les riches pays musulmans vont nous aider à sortir de la crise financière, crise financière qui nous viendrait, selon les médias, de cette Amérique et de ses financiers sans scrupules qui ont ruiné des centaines de millions de gens. La spéculation effrénée ayant abouti à une crise sans précédent, il est certes plus facile d’accepter une «moralisation» de l’économie.

Or la base de la «Finance islamique» c’est effectivement la prohibition du prêt à intérêt, le refus de la spéculation et de l’aléa, le refus des contrats d’assurance. Il est vrai que le Coran n’a pas de termes trop forts pour stigmatiser l’usure et l’usurier. La Tradition prophétique (Sunna) comporte de nombreux hadîths qui affirment que l’usurier sera possédé par Satan qui l’étranglera de ses propres mains, que l’usurier sera jeté dans un fleuve d’où un autre homme l’empêchera de sortir en lui lançant des pierres. Mais ne nous affolons pas, les traités de droit musulman sont pleins de ces ruses (hiyal) juridiques qui permettent de tourner l’interdiction de l’usure (riba). Par exemple l’opération de double vente.

Le problème s’est posé avec acuité avec la création de banques dites islamiques qui sont, d’ailleurs, de création relativement récente puisqu’à la période classique (au 10ème siècle), à Bagdad, ce sont les Juifs qui étaient responsables des opérations bancaires.

En effet les «banques islamiques» n’ont pris leur essor, qu’à partir de 1971, avec la création de la Nasser Social Bank et surtout en 1975, de la banque islamique de développement, la BID. En 1977, c’est l’Association Internationale des banques islamiques (AIBI) et en 1981, l’Institut international de banque et d’économie islamiques. Depuis, les banques islamiques ont fleuri un peu partout. Mais toutes sont régies selon les principes qu’Allah est le seul et unique propriétaire des biens que l’homme peut posséder. Il ne faut pas oublier que la charî’a régit non seulement les relations de l’homme à Allah (ibadat) mais aussi les relations des hommes entre eux (mu’amalat). Et dans ces mu’amalat, la chari’a indique les différents contrats à établir dans les transactions économiques.

Or, ce qui n’est pas dit, c’est que toute banque islamique est alimentée en partie par les résultats de la zakat (aumône légale). Quant aux dépôts à vue, ils ne bénéficient d’aucune rémunération mais… ils peuvent donner lieu à des primes. Il y a différents subterfuges pour rémunérer les comptes. Cela prouve bien que l’arrivée en Europe de la «Finance islamique» est une islamisation à plus ou moins long terme de notre société et non l’arrivée de nouveaux produits «plus moraux». Il faut dire que dès leur création, les «banques islamiques» ont cherché à entrer en concurrence avec les multinationales capitalistes qu’elles ressentaient comme juives ou chrétiennes, sans grand succès d’ailleurs, et la crise économique actuelle leur fournit une occasion superbe et inespérée de faire entrer sur scène la finance islamique.

L’enthousiasme de nos banquiers et ministres concernant ces produits «islamiques moraux» est bel et bien une soumission déguisée à l’islam à qui on donne alors encore plus d’emprise sur notre société. En effet, derrière les outils juridiques utilisés par la Finance islamique, comme les contrats, qui permettent de tourner la prohibition du prêt à intérêt, il y a la morale islamique qui, elle, ne saurait être contournée. Dans la finance dite islamique il est interdit de financer les activités illicites, la vente d’alcool, de vin, de bière, de porc, la vente d’instruments de musique, de croix, pour ne citer que quelques exemples.

En apportant des capitaux à l’Europe, les musulmans apportent non pas un «supplément d’âme» mais bien un supplément de charî’a. Or si la charî’a vomit l’usure (riba) (Coran, sourate 2, verset 276 ; sourate 3 verset 130. Sourate 4, verset 161) (l’«usure», cet intérêt que le prêteur demande à l’emprunteur), elle vomit aussi, ne l’oublions pas, l’adultère, l’homosexualité, l’apostasie, le blasphème, l’athéisme. Elle dit :
1) que la terre entière appartient à Allah.
2) qu’Allah seul est législateur et qu’il a ordonné de combattre «ceux qui sèment la corruption sur la terre» (moufsidoûn). D’ailleurs le Paradis est à l’ombre des épées et ne s’acquiert qu’en combattant (jihâd). C’est seulement au Paradis que le mot «Paix» (salam) sera prononcé.
3) et surtout la charî’a rappelle que la religion naturelle de l’homme c’est l’islam. Car «l’islam est la vraie religion aux yeux d’Allah» affirme le Coran. 

Les principes de la finance islamique seraient sans danger s’ils ne s’inscrivaient pas dans une charî’a globale qui va à l’encontre des principes de notre société occidentale, à savoir la liberté, l’égalité, la fraternité. En effet la charî’a interdit la liberté de religion (interdiction d’en changer et interdiction d’en sortir : elle punit de mort l’apostasie). La chari’a n’accepte pas l’égalité entre musulmans et non-musulmans et établit un statut inégalitaire, le statut de dhimmi , «protégé» moyennant finance (impôts). La charî’a n’accepte pas la fraternité entre musulmans et non-musulmans. «Le musulman est le frère du musulman» (al-muslim akhoû al-muslim), absolument pas le frère du non-musulman.

La «Finance islamique» c’est l’islam qui s’introduit sous l’apparence apparemment neutre des «banques», des banques présentées comme plus «morales», plus «humaines. Mais plus morales, plus humaines par rapport à quoi ? Cela n’est pas dit mais tout le monde a compris. La finance islamique qui interdit la spéculation, proscrit l’intérêt est implicitement opposée à la «Finance juive américano-sioniste», aidée par la finance chrétienne protestante. Cette finance juive et cette finance chrétienne auraient trahi, volé, piétiné les principes éthiques. Mais la finance islamique, elle, arrive, en sauveur, avec des capitaux enveloppés de principes moraux islamiques.

On dit que l’argent n’a pas d’odeur. L’argent de la «Finance islamique» en a une : celle de la charî’a. Cela pue la charî’a. En réalité ce sont les pays musulmans qui ont décidé d’acheter l’Occident avec leurs capitaux et de fournir avec la «finance», leur charîa, c’est-à-dire leurs principes religieux. Si ce n’est pas de l’islamisation, on se demande pourquoi on juge nécessaire d’ajouter le terme «islamique» au mot «finance». Mais c’est en même temps une incitation à stigmatiser la «finance juive», à «boycotter Israël». Ce n’est jamais dit mais c’est implicite et beaucoup acceptent lâchement ce non-dit.

«Finance islamique», laissez-moi rire. Comment ne pas être révolté par l’hypocrisie de ce système qui n’hésite pas, la plupart du temps, à contourner ses propres règles pour fonctionner finalement comme la finance normale, comme la finance «laïque».

Si demain le Vatican décidait d’ouvrir des banques pour aider les plus pauvres, mais en rappelant les principes éthiques qui sont ceux de la morale catholique traditionnelle, ce serait aussitôt une levée de boucliers. En revanche les inepties «morales» débitées pour justifier la «Finance islamique» sont gobées sans problème.

On se demande si les médias, passés à la cause arabe, n’ont pas totalement anesthésié nos concitoyens. Mais derrière il n’est pas certain qu’il n’y ait pas aussi cette vieille haine du profit de l’argent, émanant d’une société européenne à base rurale et catholique qui n’a jamais accepté d’avoir un rapport réaliste à l’argent, qui n’a jamais accepté le rôle du commerce et de la finance. D’où son malaise devant la «finance protestante» ou devant la «finance juive».

Avec la «finance islamique» (il est à remarquer qu’on ne dit pas «finance musulmane») on veut croire au miracle. Islamique cela rime avec laïque. Décidément les musulmans sont passés maîtres dans l’art de savoir parler aux occidentaux et sont vraiment devenus des stratèges en matière de communication.

© Anne-Marie Delcambre pour LibertyVox


Anne-Marie Delcambre : Jérusalem et les fils d’Israël vus du côté musulman




 Jérusalem et les fils d’Israël vus du côté musulman 

Il est faux de croire que tous les chercheurs musulmans seraient atteints de cécité, concernant les textes sacrés de l’islam... Quelques-uns sont même parvenus à des conclusions qu’il est utile de connaître. C’est le cas de Mondher Sfar qui ne craint pas de critiquer certaines interprétations du Coran, concernant un problème qui divise Juifs et musulmans, le statut de Jérusalem.


Dans son livre «Le Coran, la Bible et l’Orient ancien», éditions Sfar, 1 rue Cassini, 75014 Paris, deux points concernent Jérusalem:

Premier point: dans le chapitre VII (page 239 à 260), l’auteur démolit complètement la tradition fausse du voyage céleste de Muhammad: les musulmans croient que leur prophète se serait élancé vers le ciel à partir du centre de l’actuel Dôme du Rocher à Jérusalem. Or, d’après Sfar, l’analyse syntaxique du premier verset de la sourate 17 exclut que Mahomet ait pu effectuer un tel voyage. C’est du temple de La Mecque que le prophète de l’islam se serait élancé vers le temple CELESTE extérieur appelé Al Aqsa. C’est après la mort de Mahomet que le voyage vers Jérusalem fut inventé par l’un des premiers califes, afin de faciliter l’acceptation de l’islam par les nouvelles populations conquises.

Le deuxième point: Dans les pages 418 et 419, l’auteur démolit complètement la tradition; fausse selon lui, selon laquelle la prière des musulmans aurait été primitivement dirigée vers Jérusalem, avant de l’être ensuite vers la Mecque. Elle était au contraire dirigée, selon des directions changeant au cours de la journée, de l’Est vers l’Ouest, sans passer par le Nord.

Loin de moi l’idée de rejeter les analyses d’un chercheur qui me semble être un savant exégète du Coran parce que, quand il parle de Jérusalem, il ne serait pas «neutre». Il est certain qu’il n’est pas un ami d’Israël. En 2003 il était encore présent (m’a affirmé un fidèle lecteur, André Goffart, habitant Bruxelles) à un meeting à Saint–Denis, organisé par le Mouvement Islamiste Palestinien (que l’on croit lié au Hamas). Mondher Sfar est auteur d’un autre livre «le Coran est-il authentique?» diffusé par les Editions du Cerf, aussi iconoclaste.

La conclusion que l’on peut tirer des analyses de Sfar, c’est que Jérusalem ne représente rien pour l’islam en tant que religion. Tout ce qu’on a fait croire à ce sujet aux musulmans est faux. Mais en fait, son analyse n’est pas nouvelle.

Il est exact que la sourate 17, intitulée «Le Voyage Nocturne ou les Fils d’Israël, verset 1, dit simplement ceci:
«Gloire à celui qui a transporté son serviteur, la nuit, de la Mosquée Sacrée à la Mosquée très éloignée autour de laquelle nous avons mis notre bénédiction, afin de lui faire voir certains de nos signes. Il est l’Audient, le Clairvoyant».
Ce verset, dit l’orientaliste Régis Blachère, a suscité une immense littérature exégétique, hagiographique et théologique. Tout le monde est cependant d’accord sur deux points:
1) «Son serviteur» désigne Mahomet.
2) La Mosquée Sacrée représente le Temple de La Mecque.
Deux points, au contraire, prêtent à des divergences: le phénomène de l’Ascension et l’expression «la Mosquée très Eloignée». Pour Régis Blachère (et là, le tunisien Sfar ne fait que s’engouffrer dans la voie ouverte par le célèbre arabisant) «c’est sans doute plus tard, peut-être sous le Califat des Omayyades de Damas, quand on chercha à déposséder La Mecque de sa prérogative de métropole religieuse et unique de l’islam, que l’expression «Mosquée très Eloignée ne désigna plus la «Jérusalem Céleste» mais la ville même de Judée».
Il est certain qu’une prise de position claire et officielle de la Ligue Islamique Mondiale, ou de l’université d’Al Azhar au Caire, pourrait parfaitement changer les choses, en déclarant qu’on peut interpréter autrement le verset 1 de la sourate 17 et que ce sont les Omeyyades «impies» qui ont donné à Jérusalem ce statut!
En revanche, le traitement des Fils d’Israël dans le Coran ne prête guère à interprétation car les mots sont clairs et des versets très nombreux vont dans le même sens, celui d’une condamnation sans appel des Juifs. Dans une conférence donnée à la synagogue de Neuilly-sur-Seine, j’avais parlé du «Statut des Juifs dans les textes de l’islam» (conférence du 5 janvier 2005). Mais même en se référant au seul Coran (les commentaires ne font qu’amplifier et il n’arrive jamais que cela aille dans le sens d’un adoucissement), on s’aperçoit, dès qu’on ouvre le Livre réputé Saint, que Dieu (Allah) est profondément en colère contre les Fils d’Israël qui n’ont pas voulu croire, alors que des messagers leur ont été envoyés!!!. (Sourate 7, versets 57/ 59 et s) Que ce soit Noé, que ce soit Loth, qui reproche à son peuple de se livrer à la turpitude «que nul, parmi les mondes, n’a commise avant vous (v.78/80), que ce soit Moïse qui a fait traverser la mer aux Enfants d’Israël (mais le peuple de Moïse adopta un veau comme divinité). Ils étaient des injustes, dit le Coran. Ce qui est plus grave, ils changèrent en une autre Parole, la Parole qui leur avait été dite. Les Juifs, à l’origine peuple élu de Dieu, ont perdu cette élection, par perversité, par orgueil «lorsqu’ils refusèrent par orgueil d’abandonner ce qui leur avait été interdit, nous leur dîmes «soyez des singes abjects» » (verset 166).
Et alors, Dieu dit à son prophète «Raconte-leur l’histoire de celui à qui nous avions donné nos signes et qui s’en écarta» (verset 174/175). «Il s’inclina vers la terre et suivit sa propre passion. Il est semblable à un chien (kamathali al kalbi) qui halète si tu l’attaques et qui halète aussi si tu le laisses. Tel est l’exemple des gens qui traitent de mensonges nos signes» (...) (v.175/176 de cette même sourate 7).


Pourquoi cette dureté à l’égard des non musulmans et principalement des Juifs?
1) Les juifs sont des faussaires (sourate 2, v.73/79) «Malheur à ceux qui écrivent l’Ecriture de leurs mains puis disent ceci vient d’Allah».
2) Les juifs sont des semeurs de scandale (sourate 5 v.69/64) aussi «nous avons excité contre eux l’hostilité et la haine jusqu’au jour de la Résurrection. Chaque fois qu’ils allument un feu, nous l’éteignons. Ils s’évertuent à semer le scandale, alors qu’Allah n’aime pas les semeurs de scandale».
3) Les juifs sont maudits: sourate 4, v.154/155 «Nous les avons maudits parce qu’ils ont rompu leur Alliance (avec Nous), parce qu’ils ont été incrédules en les signes d’Allah, parce qu’ils ont tué sans droit les Prophètes, v. 155/156 «pour avoir dit contre Marie une immense infamie», v.156/157 «pour avoir dit: Nous avons tué le Messie, Jésus, fils de Marie, l’Apôtre d’Allah! alors qu’ils ne l’ont ni tué ni crucifié, mais que son sosie a été substitué à leurs yeux».
Ainsi les Juifs, dans le Coran, sont injustes, ingrats, pervers, avides, menteurs, enfoncés dans le péché. Ils n’ont ni foi ni loi. Ils ont tué leurs prophètes et se sont comportés en bêtes: des singes, des chiens, des ânes, voici ce qu’ils sont: sourate 62, verset 5 «l’image de ceux qui ont été chargés de la Thora et qui, par la suite, ne s’en chargèrent point, est à la ressemblance de l’âne chargé de livres. Combien détestable est l’image de ce peuple qui traite nos signes de mensonges! Allah ne dirige point le peuple des injustes».

Pour les musulmans, Allah ne guide plus les Juifs, ces premiers Fils d’Israël, pas plus qu’il ne guide les Chrétiens «associateurs». Ces «gens du Livre» ne méritent plus le beau nom de «Fils d’Israël». Ce sont des bêtes!. Sourate 8, v.57/55 «Il n’y a point auprès de Dieu d’animaux plus vils que ceux qui ne croient point et qui restent infidèles». Oui, Juifs et Chrétiens ne sont que des chiens d’infidèles (ou pour les chrétiens, des cochons d’infidèles!). Mais leurs prophètes, eux, qui furent chargés d’avertir les Fils d’Israël, ont été purifiés, «récupérés» par l’islam. Les prophètes juifs et chrétiens se sont désolidarisés de leur peuple! Ils sont devenus, parce qu’ils sont «soumis», des prophètes purement musulmans.

Le religieusement correct et le politiquement correct veulent laisser croire à l’égalité entre les trois monothéismes, à un dialogue possible et même souhaitable. Mais en ce qui concerne l’islam, comme le dit Philippe Aziz (Aziz Mahjoub de son vrai nom) «l’homme du Coran, vie et enseignement de Mahomet», Editions Ramsay 2001, p 246 «Ruse et mensonge sont permis quand ils sont mis au service de la foi».
Dans la sourate 47 v.37/35, il est dit «Ne faiblissez donc pas! N’appelez point à la paix alors que vous avez la supériorité! Allah est avec vous».

Mais si le musulman n’a pas la supériorité, il lui est recommandé d’être doux avec les non musulmans: sourate 29, l’Araignée, verset 45/46 «Ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre», et sourate 16, les Abeilles, verset 126/125 «Par la sagesse et la bonne exhortation, appelle les gens au sentier de ton Seigneur et discute avec eux de la meilleure façon», car l’islam cherche à convertir. C’est là la grande différence avec le judaïsme.


Quant aux croyances religieuses, elles sont toujours là, tapies dans l’ombre du subconscient, forgeant une mentalité, pesant sur les comportements des musulmans. Dans la sourate 48, verset 29, il est dit «Mahomet est l’Apôtre d’Allah. Ceux qui sont avec lui sont violents à l’égard des Infidèles et compatissants entre eux. Tu les vois inclinés, prosternés dans la prière (;;) La marque de la prosternation est sur leur visage. Voici la parabole à leur propos, dans la Thora et dans l’Evangile «Ils (les musulmans) sont comme le grain qui ayant sorti ses pousses, leur donne force, en sorte qu’elles grossissent, se tiennent droites sur leur tige, faisant le plaisir du semeur».

D’après le Coran, non seulement les juifs et les chrétiens sont des chiens d’infidèles, mais la Thora et l’Evangile, leurs propres Ecritures, leur préfèrent les croyants musulmans!!! Voilà ce que les nouveaux négationnistes, les nouveaux penseurs de l’islam, veulent nous cacher, alors que les pieux musulmans qui accèdent au Livre Saint sont au courant et l’ont toujours été.

A partir du Coran et du comportement du Prophète Mahomet (Sunna) comme sources, un Droit religieux a été élaboré au 8ème siècle. Lors des conquêtes, des non musulmans se trouvèrent devoir vivre sous la loi du vainqueur. Ces non musulmans ne furent pas traités en égaux, car en Islam, LE NON MUSULMAN N’EST JAMAIS L’EGAL DU MUSULMAN.

Les non musulmans en terre d’islam (dhimmis) étaient en effet assujettis à un statut de «protection» moyennant impôt, véritable «rançon», et ce statut présenté actuellement par certains comme idyllique (!) s’accompagnait toujours de mépris de la part des musulmans. Les dhimmis ignoraient sans doute la vraie raison de ce mépris, de ce statut de sous-homme. S’ils avaient ouvert un Coran, ils auraient su que les causes en étaient RELIGIEUSES.

L’Église Catholique Romaine a fait retirer des missels la mention «Juifs, peuple déicide». Quand les musulmans se décideront-ils à reconnaître qu’il y a dans les textes de l’islam une réelle judéophobie?



L’assassinat médiatique de Bat Ye’or


textes de Anne-Marie Delcambre publiés par Libertyvox



Quiconque s’est un jour penché sur le statut des non musulmans en terre d’islam, ne peut ignorer les travaux de Bat Ye’or. L’ouvrage le plus récent sur le Jihâd (guerre sainte), paru dans la collection très universitaire «l’islam en débats», dirigée par Jocelyne Dakhlia et Françoise Micheau, et dont l’auteur est Michael Bonner, professeur associé d’Histoire islamique médiévale à l’université du Michigan aux U.S.A, parle ainsi des livres sur la situation des non-musulmans dans les sociétés musulmanes [1] «une riche production d’ouvrages, dont certains évoquent le mythe du paradis interconfessionnel, tandis que d’autres comprennent des accusations acerbes comme celles de Bat Ye’or dans «le dhimmi: profil de l’opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe» (Paris, Anthropos, 1980).

L’américain Michael Bonner ne traite pas Bat Ye’or en paria de la recherche. Il ne fait pas de la désinformation. Il ne l’assassine pas scientifiquement. Il l’égratigne simplement.
Or, c’est un véritable assassinat médiatique qu’a perpétré Malek Chebel, auteur du «Dictionnaire amoureux de l’islam» et du «Manifeste pour un islam des Lumières», dans le journal «Le Point, le 10 Avril 2005!

Tout le long du texte intitulé «Ne semez pas la confusion!» court contre Bat Ye’or l’accusation grave de falsification de la vérité. Certaines phrases sont particulièrement graves car elles laissent croire que Bat Ye’or règle des comptes: «régler des ardoises anciennes», ceci dans un but de propagande: «Vous amenez des éléments concrets, ils sont reformatés selon un calcul précis et une propagande qui parle au nom d’un passé révolu et qui vise à condamner collectivement les Arabes» et cette phrase particulièrement méprisante: «Et surtout, prenant la partie pour le tout, lorsque deux ou trois intégristes musulmans ont pris le pouvoir c’est –AUX YEUX DES HISTORIENS DE FIN DE SEMAINE– tout l’islam qui est responsable».

Monsieur Chebel n’emploie pas l’expression «historiens du dimanche», non! Il rappelle implicitement que pour Bat Ye’or, c’est le samedi, sabt, le septième jour; qu’elle travaille! En arabe, le dimanche se dit Ahad, un, c’est le premier jour de la semaine. Le sabat, le samedi, c’est le jour des sorcières, le jour des Juifs (qui précisément ne travaillent pas le samedi). Et voici qu’apparaît, il fallait s’y attendre, le nom d’Oriana Fallaci, l’autre sorcière, catholique, elle, mais les sorcières entre elles s’entendent. D’ailleurs cette référence est bien présente dans l’esprit de Malek Chebel puisqu’il écrit «L’Arabe bouc émissaire était latent depuis le 11 septembre 2001. Oriana Fallaci l’a exhumé, et tous les apprentis sorciers se jettent sur sa dépouille. Aujourd’hui toutes les passions mortifères peuvent se déchaîner».

Monsieur Chebel qui cumule toutes les professions: psychologue, psychanalyste, anthropologue, sociologue, islamologue, peut-être même œnologue, brosse un tableau apocalyptique: les apprentis sorciers, qui, en fin de semaine, dansent sur la dépouille des Arabes! quelle jouissance! (heureusement qu’on sait que Malek est psychanalyste. Comme le dit Michel Onfray «car Malek Chabel se dit aussi psychanalyste (...) Reviens Sigmund ...[2] ».

Mais Malek Chebel a peur, car les apprentis sorciers font peur, et il essaie de prévenir le lecteur contre leur pouvoir! puisqu’il dit «il faut que chacun sache que la validité morale et scientifique de leurs cogitations (celles des apprentis sorciers) est plus que douteuse». On est tellement proche de l’imaginaire musulman «les bourreaux juifs israéliens qui assassinent les Arabes». Le texte de Chebel poursuit dans sa psychose délirante «l’empire musulman est sorti du frigo où il était confiné depuis plus d’un siècle. On l’exhibe à la vindicte populaire». Qui est ce «on», et la vindicte populaire de qui? des occidentaux bien sûr. Et le «on», ce sont ceux qui allument les guerres, encore les juifs, même le Coran le dit, dans la sourate 5 v . 69/64.


«Tout est calculé, adroit». On est vraiment dans la thèse du complot. Pourtant Bat Ye’or est une femme, donc menée par l’émotion, même si elle croit être scientifique «Vous croyez parler de chiffres, il n’est question que d’émotion». Une pauvre femme soumise aux passions mais néanmoins une femme dangereuse «le prétendu travail de Bat Ye’or jette de l’huile sur le feu». Elle sème la corruption sur la terre et ceux qui le font méritent la mort (toujours d’après le saint Coran sourate 5 v 37/33 «La «récompense» de ceux qui (;;) s’évertuent à semer le scandale sur la terre sera seulement d’être tués ou d’être crucifiés, ou d’avoir les mains et pieds opposés tranchés, ou d’être bannis de leur pays (...) Madame Bat Ye’or, à quoi avez-vous échappé! Vous n’avez eu qu’une tentative d’assassinat médiatique.

En effet le tireur a commis une énorme erreur. Il voulait vous faire tuer par les vôtres lorsqu’il écrit: «Depuis le XIX ème siècle, la plupart des historiens juifs, spécialistes de l’islam, Ignace Goldziher, Georges Vajda, Samuel Munk, Bernard Lewis, Maxime Rodinson, ont admis que leurs coreligionnaires en terre musulmane, toutes époques confondues, n’ont jamais été victimes de pogroms, de déportation massive, de discrimination ou d’extermination (…) Bien au contraire les fonctions éminentes que certains avaient occupées ont fait honneur à la magnanimité de l’islam classique, celui des Lumières, celui que nous aimons».

Monsieur Malek Chebel, vous devez vraiment l’aimer votre islam classique pour être aussi aveuglé mais surtout aussi menteur!!!

Je me suis reportée au livre de Bernard Lewis «Juifs en terre d’islam»[3]. Tout le livre confirme les recherches de Bat Ye’or: ainsi, p 30 «le recouvrement de la djizya (impôt) doit s’accompagner de mépris et d’humiliation. Le dhimmi viendra en personne, à pied, et non à cheval. Pour payer il se tiendra debout, tandis que le percepteur sera assis. Le percepteur l’empoignera par le collet et le secouera en lui disant « Acquitte la djizya et quand il aura payé, il lui donnera une tape sur la nuque». Chez d’autres auteurs, dit Lewis, le dhimmi se présentera le dos courbé et la tête baissée, le percepteur le traitera avec dédain et même brutalité.
Mais vous avez raison Monsieur Chebel, c’est mille fois plus supportable et agréable que les bûchers de l’Inquisition. D’ailleurs dans leur grande magnanimité certains juristes comme Abû Yûsuf au 8 ème siècle, demandent de ne pas battre les dhimmis. Mais précise Lewis, le dhimmi doit être traité durement et avec mépris, car, cher Monsieur Chebel, le statut de dhimmi a toujours été un statut discriminatoire.

Page 32, Bernard Lewis, que vous considérez comme un vrai historien, écrit «l’ensemble de ces prescriptions, répétons-le, reflétait le besoin communément ressenti de rappeler aux incroyants leur statut d’infériorité «Beaucoup de chrétiens préférèrent échapper à leur condition en embrassant l’Islam et en rejoignant les rangs de la communauté dominante. En revanche le judaïsme tint bon. Les Juifs avaient une plus grande expérience de l’adversité».

Pratiquer la désinformation comme cela a été fait dans le journal «le Point» est une infamie. Mais Bat Ye’or a toujours été critiquée par la gauche communiste.
Ainsi Jacques Ellul, répondant au professeur Claude Cahen, [4] écrit «c’est mon correspondant (Cahen) qui n’est pas scientifique (…) N’étant pas juriste, il ne voit pas la différence entre droits personnels et droits octroyés». Le fait d’avoir de hautes situations n’empêche pas d’être esclave! Les droits octroyés peuvent être retirés à tout moment.

Oui, Monsieur Chebel, là où Claude Cahen a échoué vous ne sauriez réussir. C’est ainsi que Jacques Ellul raconte la première tentative d’assassinat médiatique :

«J’avais fait un compte-rendu de ce livre (...) dans un grand journal. Et j’ai reçu une critique très violente d’un collègue, spécialiste des questions musulmanes (professeur Claude Cahen), me disant que ceci était un livre de pure polémique, qui n’avait aucun caractère sérieux. Mais ses critiques manifestaient qu’il n’avait pas lu le livre et ses arguments (à partir de mon texte) étaient intéressants pour révéler, a contrario, le caractère scientifique de cette étude» et d’ajouter «c’est un travail exemplaire dans le grand débat où nous sommes engagés» [5].

Faut-il continuer pour prouver que Bat Ye’or ne méritait pas d’être exécutée, froidement, sans pouvoir se défendre, victime de son nom, de son appartenance culturelle et politique parce que le bon musulman qu’est Monsieur Chebel ne peut admettre qu’un dhimmi, un non musulman, qui plus est se révèle être une femme, se permette de critiquer l’islam et les Arabes. Elle méritait, pour lui, d’être descendue, comme le fut Théo Van Gogh, avec cette différence, qui pour moi n’en est pas une, que l’assassinat médiatique n’est pas puni par la loi occidentale.


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[1] Téraèdre, Paris novembre 2004 (48 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie 7504) p 120

[2] Michel Onfray «Traité d’athéologie», Grasset , p273

[3] Champs Flammarion 1989

[4] Jacques Ellul «Islam et judéo-christianisme», PUF p 105

[5] Op.cité p 99

Anne-Marie Delcambre : Islamophilie et culpabilité

Depuis plus de vingt ans, beaucoup d’intellectuels européens –religieux et laïcs- éprouvent une réelle attirance pour l’islam. On peut parler de véritable islamophilie.


C’est ainsi qu’on «redécouvre» la civilisation de l’islam, on exalte sa mystique, on vante sa tolérance... En revanche on dénonce le matérialisme de l’occident, son amour de l’argent, sa pornographie, sa technique inhumaine. On va même jusqu’à estimer que nous devrions nous inspirer de la sagesse et de la spiritualité musulmanes, nous y trouverions des réponses pour combler le vide intellectuel et spirituel de notre pauvre Occident.

Innombrables sont les témoignages d’intellectuels, principalement français, en faveur de l’islam. À tel point que Jacques Ellul, en 1991, pouvait écrire «Restait quand même pour moi la question insoluble: comment des générations d’intellectuels arabisants avaient-ils pu se tromper de façon radicale au sujet de l’islam, en le présentant comme une terreur et une menace? (…) Il y a là un mystère de création d’opinion publique durable mais tenue aujourd’hui pour complètement fausse, que je n’ai jamais vu expliqué ni même abordé.».

Si cet éminent savant, d'origine maltaise et de confession protestante, se disait bouleversé par l’islamophilie grandissante, c’est qu’en tant que juriste, il connaissait parfaitement le danger que représente la fixité des textes dans cette religion si juridique qu’est l’islam, et il n’oubliait pas les statuts d’infériorité réservés aux non musulmans en terre d’islam, «comparables à ceux du serf au Moyen Age». Il pensait même que l’islam n’était pas étranger à l’introduction dans le christianisme de l’idée de guerre sainte, c’est-à-dire la conception que la guerre peut être bonne. Effectivement, quand on remarque l’énorme distance entre les textes des Evangiles et certains textes du droit canon de l’Eglise catholique romaine, on peut être fortement tenté de penser qu’il y a eu «Subversion du Christianisme» et Jacques Ellul a peut-être raison de croire que l’islam n’y est pas totalement étranger. Parallèlement à son chapitre consacré à l’islam dans «Subversion du Christianisme» écrit en 1983, ce «grand dérangeur» qu’était Jacques Ellul, écrivait la préface au livre très documenté de Bat Ye’or sur le problème des dhimmis «The Dhimmi. Jews and Christians under Islam» (conditions des juifs et des chrétiens vivant dans une société musulmane). Ce que pensait Jacques Ellul, c’est que le monde musulman n’avait pas évolué dans sa façon de considérer le non-musulman «Nous sommes avertis par là de la façon dont seraient traités ceux qui y seraient absorbés» écrivait-il. Et il ne craignait pas, lui le théologien spécialiste des religions, de présenter l’islam «comme une religion totalitaire fondée sur la notion de Droit divin à caractère non-évolutif». Le message de Jacques Ellul aboutit à prôner une certaine prudence vis-à-vis d’une religion dont les textes conduisent à privilégier la guerre, quand les conditions sont jugées favorables.
Or, paradoxalement, une sorte de cécité a atteint nos intellectuels en Occident. S’ils savent encore lire les textes archaïques de la religion catholique et les dénoncer avec virulence, en revanche s’agissant d’islam, les textes les plus rétrogrades ne suscitent aucune réaction. Au point qu’un éditorialiste du quotidien espagnol de centre gauche El Pais, repris dans le courrier international n° 734 du 25 Novembre au 1er Décembre 2004, Hermann Tertach, ne craint pas d’écrire que l’Europe occidentale fait preuve d’une tolérance béate. Elle fait tout son possible pour que les immigrés musulmans ne renoncent pas à leur identité et à leur culture. Toute mesure n’allant pas dans le sens de cette louable intention est aussitôt jugée raciste et xénophobe. Les élites européennes prônent la tolérance y compris envers les intolérants. Pour ces élites, commente l’éditorialiste, les populations musulmanes finiront par s’intégrer et elles sont porteuses d’une pluralité culturelle qui ne peut qu’enrichir nos sociétés européennes. Que les jeunes musulmans des banlieues représentent le fer de lance de l’antisémitisme européen ne les préoccupe guère. Ces jeunes immigrés sont défavorisés et tout le monde sait que les Juifs sont de gros capitalistes exploiteurs liés à l’Amérique et à Israël! Qu’il y ait dans des pays européens des quartiers où la constitution nationale s’applique moins que la loi islamique (Charî’a), cela ne les empêche pas de dormir. Que l’on rencontre de plus en plus de femmes voilées, de femmes battues, cela importe peu. L’hebdomadaire allemand Der Spiegel, pourtant peu suspect de xénophobie, publiait en octobre 2004 un dossier accablant sur les mauvais traitements subis par les femmes musulmanes en Allemagne. Mais les intellectuels, à force d’avoir répété pendant tant d’années que toutes les idées étaient bonnes, pouvaient-ils réagir, surtout contre une religion aussi chérie et défendue par leurs écrits.

Une alliance s’est d’ailleurs créée, depuis un certain temps, entre chrétiens et laïcs qui se disent athées, pour défendre l’islam, la religion du pauvre et de l’opprimé!

Il aura fallu, semble-t-il, l’assassinat du cinéaste Théo Van Gogh, le 2 novembre 2004, à Amsterdam, pour que certains se réveillent et que ce grand mensonge, cette alliance commencent à se fissurer.

Ceci d’autant plus que cette islamophilie a pour contrepartie une judéophobie de plus en plus visible, laquelle ne s’exerce pas directement, mais à travers le sionisme qu’il est devenu politiquement correct de dénoncer! En fin de compte ce sont les Juifs qui font les frais de cette islamophilie dénoncée par Jacques Ellul. Ils sont les victimes de cette alliance contre nature qui s’établit automatiquement, dès qu’il s’agit de l’islam, entre chrétiens et laïcs d’extrême gauche.

Pour comprendre une si étrange alliance, il est nécessaire de se pencher sur la nature de cette islamophilie. C’est alors seulement qu’on pourra en connaître les raisons.
L’islamophilie émane en tout premier lieu des milieux catholiques.

Un des principaux responsables de cette islamophilie est incontestablement le grand orientaliste Louis Massignon. C’est lui qui a encouragé l’élan de curiosité et de sympathie pour le monde arabe et pour l’islam. Massignon admirait le travail de Lyautey sur le plan politique et aimait le zèle missionnaire du père de Foucauld. Sans doute y avait-il chez Massignon la nostalgie des vertus chevaleresques dont la France démocratique et laïque du début du vingtième siècle semblait, à ses yeux, quelque peu dépourvue. L’attirance pour l’islam avait malheureusement chez lui pour contrepartie un certain mépris pour les Juifs et le judaïsme. Massignon fut antisioniste. Il traversa dans les années trente, une courte crise d’antisémitisme dont il se reprit. Mais il trouvait injuste l’installation en Terre sainte des Ashkénazes, insuffisamment croyants et «sémites» à ses yeux. La prise de Nazareth par les sionistes le consterna. Dans ses dernières années, il prit la défense des Algériens avec une vigueur qui ne pouvait que lui attirer la sympathie des musulmans.

Or, Massignon et sa thèse sur le fameux mystique musulman Hallaj, exécuté en 922, ont eu sur les intellectuels chrétiens et musulmans une énorme influence. Massignon compare Hallaj à la figure du Christ. Il opère un rapprochement entre Fatima, la fille du Prophète, et la Vierge Marie et surtout, il affirme que l’islam est une religion abrahamique. Les élucubrations mystiques de Massignon seront dénoncées par certains, comme Claudel, qui voyait dans le texte de Massignon de 1929 «Prière pour Sodome», «un prodigieux amas de foutaises». Mais si pour quelques-uns de ses contemporains, Massignon paraît étrange, surtout lorsque marié et père de famille, il demande à devenir prêtre melkite, selon donc le rite oriental, ce sont néanmoins ses idées qui seront retenues pour les passages relatifs aux musulmans, par le concile Vatican II.

On ne saurait s’étonner que la littérature sur l’islam qui s’est développée après le Concile, pousse encore plus loin l’islamophilie. Massignon voyait l’islam comme un «schisme abrahamique». Or, les catholiques du vingt et unième siècle ont un enthousiasme délirant pour la religion de «l’Autre»; la foi est sans frontière et la poussée affective en faveur de l’islam ne connaît plus de mesure. Il faut aimer les musulmans d’un amour sans limites. La littérature catholique qui va en ce sens est dépourvue de bases solides scientifiques. Il suffit d’aimer, c’est ce qu’elle ne cesse de répéter avec une rare inconscience, prenant à la lettre la phrase de Saint Augustin «Aime et fais ce que tu veux».

Faut-il renvoyer aux nombreux ouvrages de pères blancs, en particulier, dont on se demande pourquoi ils ne sont pas encore musulmans, mais ils ignorent sans doute ce que dit le Coran concernant les chrétiens (sourate 9, verset 30 «qu’Allah les tue!»), car cette islamophilie n’est absolument pas payée de retour. Les musulmans ne sont en rien attirés par le christianisme qui leur paraît une religion dépassée par l’islam, faussée et antinaturelle. De plus, le polythéisme catholique avec la Trinité est une abomination, le seul crime qui ne puisse être pardonné par Allah!

Quand on regarde dans les librairies la littérature favorable à l’islam dit Alain Besançon , elle est le plus souvent écrite par des prêtres catholiques disciples de Massignon ou influencés par ce grand orientaliste. Or, leur attirance pour l’islam dérive de plusieurs sentiments.

C’est tout d’abord le fait que «ces ecclésiastiques, affolés par le refroidissement de la foi et de la pratique en pays chrétiens, particulièrement en Europe, admirent la dévotion musulmane. Ils s’émerveillent de ces hommes qui, dans le désert ou dans un hangar industriel de France, de Belgique ou d’Allemagne, se prosternent cinq fois par jour pour la prière rituelle. Ils estiment qu’il vaut mieux croire à quelque chose que de rien croire du tout (…) Ils confondent foi et religion». En fait, les ecclésiastiques catholiques assistent impuissants à la déchristianisation de l’Europe. Ils voient les églises quasiment vides et, en revanche, ils constatent que les mosquées sont pleines, même si ces mosquées sont des caves, des bâtiments sordides. Et les églises aux trois quarts vides, cette laïcité triomphante de l’occident, le mépris du religieux, tout cela est devenu insupportable pour les prêtres catholiques, dont certains s’adaptent mal au monde moderne, d’autant plus que leur célibat les marginalise et les accusations récentes de pédophilie rendent ce célibat suspect. Mal perçus par la société laïque individualiste, ils éprouvent de la sympathie pour l’islam communautariste où tous se sentent très proches, là «les croyants sont des frères»! Mais ils oublient un peu vite ou ils ne savent pas que «Le musulman est le frère du musulman», pas le frère du non musulman!

La deuxième raison de cette islamophilie des prêtres catholiques, réside dans «la haute place que prend Jésus et Marie dans le Coran, sans qu’ils fassent attention que ce Jésus et cette Marie sont des homonymes qui n’ont de commun que le nom avec le Jésus et la Marie qu’ils connaissent». Ce dernier point est grave, souligne Alain Besançon «parce qu’il perturbe la relation entre chrétiens et juifs». Car pour les prêtres catholiques, les musulmans paraissent «meilleurs» que les juifs, puisqu’ils honorent Jésus et Marie, ce que les juifs ne font pas. Et là, judaïsme et islam sont comparés, avec un avantage pour l’islam.

Avantage accentué par le fait que le judaïsme paraît plus fermé. L’islam est plus universaliste, il s’adresse à tous les peuples et ne conçoit de privilège pour aucun. Tout au plaisir de se rapprocher de «ses frères musulmans», le catholique s’éloigne insensiblement des adeptes de la Bible juive, leur reprochant implicitement d’être restés entre eux, de n’avoir pas accepté la venue du Messie. Reproche non dit, jamais avoué, mais qui pèse sur les relations judéo-chrétiennes, il ne faut pas se leurrer.

La deuxième source d’islamophilie est constituée par les intellectuels laïcs, souvent athées, politiquement d’extrême gauche. Ce sont des tiers-mondistes impénitents qui sont dans la repentance et la culpabilité permanentes. Ils battent leur coulpe parce qu’ils estiment être du côté des Blancs colonialistes, exploiteurs. Ils sanglotent et demandent pardon mais en plus ils ont décidé de réparer; de réparer le mal causé par les croisades, réparer l’injustice d’avoir ignoré la grandeur de l’islam. Alors, de la part de ces intellectuels, on assiste à une réécriture du passé, de l’histoire, entièrement favorable aux musulmans. Plus question de critiquer, d’ironiser. Il faut rendre leur fierté aux peuples humiliés, présenter leur religion de manière positive. On parle de l’islam des lumières, de religion de paix, d’amour et de tolérance. On «redresse» la situation, en ce qui concerne les conquêtes musulmanes qui auraient été tout à fait pacifiques. Les coupables, ce sont les Européens avec leur esprit de conquête, d’abord les croisades puis la colonisation. Le jihâd n’est plus appelé «guerre sainte», mais simplement combat spirituel contre soi-même.

La question qui se pose est alors la suivante: pourquoi l’opinion publique est-elle disposée à accepter cette «désinformation» contraire au bon sens , comme allant de soi?

Une première explication est la présence dans ces pays européens de millions de musulmans. Ils vont rester, ils vont devoir s’intégrer. Alors il faut absolument trouver tout le positif de la situation. Les sociétés occidentales sont des sociétés vieillissantes, la jeunesse musulmane est un apport qu’il faut prendre en considération et apprendre à aimer. D’autre part, ces sociétés occidentales sont des sociétés qui ont fait appel à une main-d’œuvre nécessaire pour les travaux pénibles que les Européens ne veulent plus faire. Du point de vue économique, on ne peut les ignorer et ils nous donnent mauvaise conscience. Les occidentaux, s’ils sont chrétiens, se sentent doublement culpabilisés. Ils se rappellent qu’il faut accueillir l’étranger «Tu traiteras l’étranger comme l’un des tiens», surtout l’étranger le plus pauvre, car les chrétiens se veulent charitables. Culpabilité économique doublée d’une culpabilité religieuse. Cette culpabilité religieuse est d’autant plus légitime que le Pape lui-même a fait acte de repentance, battant sa coulpe pour ce qui s’était produit dans le passé.

La deuxième explication c’est que cette islamophilie tente de faire oublier la légende noire de l’islam, la mauvaise image renvoyée par le miroir de l’occident chrétien concernant cette religion. Malheureusement, en même temps chemine la tentation non avouée de réduire notre culpabilité envers le peuple juif, d’effacer l’horrible passé de la Shoah, la mémoire de l’Holocauste. En effet, les chrétiens islamophiles deviennent amis des musulmans et ennemis des Israéliens. On se libère de la culpabilité engendrée par le génocide de la Shoah en traitant les Juifs sionistes de persécuteurs. C’est ainsi que certains milieux chrétiens constituent les Palestiniens en figure substituée du Juif persécuté, qui a pour fin d’effacer les fautes commises au temps du nazisme. De plus, faire des Juifs sionistes les nouveaux nazis, permet de s’adonner tranquillement à une islamophilie d’autant plus grande que du point de vue religieux ne se sont pas effacées de la mémoire collective catholique ces expressions: «les Juifs, peuple déicide» et «hors de l’Eglise point de salut».
Personne, depuis le Concile de Vatican II, n’oserait traiter les Juifs de peuple déicide, mais les chrétiens ne craignent aucunement de traiter les responsables israéliens de bourreaux. Et ils peuvent donc dénoncer l’arrogance sioniste, main dans la main avec les islamo gauchistes. Et c’est ainsi que cette étrange alliance s’explique par la culpabilité que les uns et les autres éprouvent vis-à-vis des musulmans certes, mais aussi vis-à-vis des Juifs, et en fin de compte ce sont les Juifs qui paient l’addition, et font les frais de cette islamophilie. Car les islamophiles de tous bords ferment les yeux sur les propos antisémites des musulmans, en rendant responsable la politique israélienne et en excusant ce nouvel antisémitisme du fait de la faiblesse économique de ces populations musulmanes défavorisées. Un «rap» qui circule sur Internet et qui a pour matière «Nique les Juifs» en est un excellent exemple. C’est un groupe de jeunes de 12 -13 ans, mais on peut se demander «Qui tire les ficelles»?
Une collègue, professeur d’italien, Véronique Lippmann, m’écrivait à propos de cette islamophilie «béate» qui ferme les yeux sur les propos antisémites des jeunes musulmans: «cette islamophilie béate n’hésite pas en revanche à dénoncer les actes antisémites lorsqu’ils sont commis par l’extrême droite, comme pour se dédouaner, ce qui lui permet de rappeler en même temps que les musulmans sont aussi victimes de l’extrême droite. Comment ensuite accuser d’antisémitisme une victime du racisme? Comme si l’un empêchait l’autre. L’antisémitisme n’est reconnu que s’il vient de l’extrême droite sans aucune allusion à la religion. Au nom de l’antiracisme, on banalise l’antisémitisme.»
Et les chrétiens islamophiles, eux, deviennent ennemis des Juifs sans pour autant devenir amis des musulmans car il est demandé aux catholiques de «collaborer avec leurs frères musulmans» mais de laisser ces derniers pleinement libres. Autrement dit, les musulmans sont libres de convertir les chrétiens mais pas l’inverse!. Des journaux, comme le journal La Croix, portent des titres suggestifs «le Coran à découvrir», «Une prière» la Fatiha .Ne parlons pas d’ecclésiastiques comme les pères Lelong, Borrmans, des évêques comme Mgr Brunin qui estiment que les exigences spirituelles du dialogue islamo chrétien s’appliquent aux chrétiens, beaucoup plus qu’aux musulmans. Le père Borrmans dans «Orientations pour un dialogue entre chrétiens et musulmans» (1987) va si loin que pour lui il n’y a en islam ni «fatalisme», ni «juridisme», ni «laxisme», ni «immobilisme», ni «fanatisme». Les chrétiens sont invités à une «saine émulation spirituelle» et à une «spiritualité sans frontière». Alain Besançon écrit , ‘on m’a assuré que l’auteur de ce livre, instruit par l’expérience, le regrette maintenant et qu’il verse aujourd’hui les larmes de Saint Pierre. Mais le livre est toujours en vente». Le dit Père Borrmans a accepté de participer aux Mélanges rédigés en hommage au Père Antoine Moussali qui, lui, se méfiait des pièges du dialogue islamo-chrétien. Mais est-il vraiment repenti?
Seulement, l’islamophilie n’est pas née quand les pays européens étaient puissants. Jacques Ellul remarque , ‘j’ajouterai quand même une pointe assez méchante: cette mauvaise conscience (ressentie par les intellectuels et un bon nombre de chrétiens), elle est quand même née à partir du moment où nous avons été vaincus. Tant que nous étions les plus forts, nous gardions la bonne conscience du «civilisateur».
L’islamophilie vient du fait que les pays musulmans sont forts économiquement, par leur nombre. Dans les pays européens, les musulmans représentent une puissance électorale; à cela s’ajoute le problème des conversions à l’islam de plus en plus nombreuses. Des filles épousent des garçons musulmans et leurs enfants sont musulmans d’office. Des garçons se convertissent à l’islam – ce qui leur semble facile – pour épouser des filles musulmanes. La société déchristianisée ne saurait les freiner. Quitter le christianisme pour l’islam apporte «une bouffée d’air frais», un parfum d’exotisme. Quant aux femmes, certaines occidentales se sentent mal à l’aise par rapport à une société qui connaît le risque du célibat, la peur de la solitude et, épouser un musulman leur permet de satisfaire un besoin de mari et d’enfants, dans le cadre d’un mariage classique.
Jane Benigni fait remarquer très justement un autre élément sociologique concernant l’attirance des occidentaux islamophiles pour «la famille musulmane». Les hommes lassés des revendications des féministes et des exigences des femmes libérées ne verraient pas d’un si mauvais œil une société où la femme soumise serait ramenée à la cuisine! Et pourquoi pas plusieurs femmes… soumises bien entendu. Et ainsi le machisme se trouverait revigoré. On épouserait d’abord des femmes musulmanes bien rodées, et les autres suivraient. Les mariages mixtes entre chrétiens et musulmans jouent un rôle certain dans cette islamophilie ambiante.
En parallèle, je citerai le billet du Docteur André Nahum, du 23 Février 2005, sur Radio Judaïques FM, qui a choisi de retenir le cri d’alarme du président Moshé Katzav quant à l’avenir de la diaspora. Le peuple juif est en perte de vitesse au niveau démographique, économique et culturel». Le docteur Nahum rappelle un sondage récent du journal «La Croix» qui semble confirmer ce déclin annoncé. Sur 60 millions de Français, 360 000 d’entre eux se déclareraient juifs. Et le docteur Nahum d’ajouter «nous sommes loin des 600 000 ou 700 000 âmes dont on parlait naguère». Le président Katsav demande aux dirigeants juifs de cesser de pratiquer la politique de l’autruche et de réagir face à une situation qui signifie à moyen terme la quasi-disparition des communautés juives en diaspora et particulièrement en Europe et en France!
Que penser de ce cri d’alarme sinon qu’il évoque un retour du communautarisme?
Or la société laïque ne peut permettre qu’on raisonne en termes de communautés religieuses. Il faut opter pour l’humanisme qui libère, contre le communautarisme qui enferme. La présence dans les pays européens d’organisations islamiques actives, censées représenter les musulmans, pose de nouveau le problème de la laïcité face aux religions, et pour la France, la République s’enlise! s’agissant de la menace du communautarisme musulman.
«Un spectre hante le monde: celui des communautés closes, exclusives et guerrières» dit Pierre-André Taguieff dans son dernier livre «La République enlisée». Et les Juifs ont raison d’avoir peur. Taguieff avoue que les ennemis d’une république laïque et vraiment démocratique utilisent les armes de la modernité intellectuelle pour abolir la laïcité «l’intolérance a appris à parler la nouvelle langue de la tolérance et se montre d’autant plus efficace qu’elle n’est pas perçue comme telle». On est, dit-il, en «pleine corruption idéologique». La République est confrontée à des «stratèges cyniques» qui n’hésitent pas à détourner les mots et les concepts de leur sens originel pour parvenir à leurs fins.
Les concepts de «laïcité», de «droits de l’homme», sont ainsi insensiblement vidés ou détournés de leur sens initial. Mais l’islamophilie impénitente ferme les yeux devant la présentation de l’islam, «béatifié» par les nouveaux penseurs musulmans. Elle y trouve des avantages, en plus de celui non négligeable, se libérer de la désagréable culpabilité qui fonde en grande partie cet amour de l’islam. Les avantages, on les devine aisément… En effet, les islamophiles chrétiens espèrent bien, avec l’appui des musulmans, regagner un peu de terrain religieux et entamer cette laïcité pure et dure qu’ils n’ont au fond jamais vraiment digérée. Les islamophiles laïcs de gauche voient dans le nombre des musulmans un appui politique, contre Israël, l’Amérique et la politique libérale.
Et les Juifs paieront pour cette islamophilie aux deux visages qui plonge ses racines dans la culpabilité. Beaucoup de juifs se sentent angoissés par cette islamophilie parce qu’ils pressentent qu’ils vont être ressentis comme gênants et coupables. Il faut qu’ils soient considérés comme coupables pour que les deux autres religions soient libérées de leur dette à leur égard. Ces deux autres religions en effet se sont inspirées du judaïsme, le christianisme en prétendant le parfaire, l’islam en le récupérant, en l’absorbant et en accusant les Juifs d’avoir falsifié leurs textes. Pour les musulmans, la vraie Thora, l’Evangile authentique, ne doivent pas être cherchés ailleurs que dans le Coran. Les vrais disciples des prophètes Abraham, Moïse ou Jésus, ce sont les musulmans. Leurs disciples d’hier et d’aujourd’hui sont des faussaires, des menteurs, des corrupteurs de textes, des associationnistes.
Beaucoup de musulmans sont persuadés que le Coran est la seule vérité. Or, dans ce texte sacré, il n’y a pas égalité entre musulmans et non musulmans. Un statut inférieur de «protégés» est même prévu dans la loi islamique pour ces derniers . Et cela, l’engouement subit des intellectuels européens pour l’islam, n’en a même pas idée. Ces intellectuels conformistes, pétris de bons sentiments et de la culpabilité d’être des colonisateurs, ne veulent pas croire qu’il puisse y avoir des textes mortifères dans la religion des économiquement faibles, la religion de ceux qui ont été colonisés et exploités. De même, ils ne veulent pas admettre qu’il puisse y avoir des croyants fanatiques prêts à la violence... Les vingt attentats antimusulmans dénombrés aux Pays-Bas, à la suite de l’assassinat de Théo Van Gogh, démontrent violemment malheureusement, que beaucoup ne veulent plus de cette islamophilie béate et irresponsable et que la société occidentale repose sur des valeurs qu’il importe de faire respecter fermement si nous ne voulons pas être victimes des ennemis de ces valeurs.
Il n’est pas inutile de citer la conclusion de Hermann Tertach dans l’article d’El Pais «Peut-être faudrait-il un peu plus d’estime de soi de la part des sociétés et des Etats européens, un peu de bon sens, de la tolérance mais aussi de la fermeté, et assez d’intelligence pour voir que jamais depuis le nazisme nous n’avons été aussi menacés. Et enfin un instinct de survie».

Anne-Marie Delcambre, jeudi 24 février 2005
Docteur en Droit, Docteur en civilisation islamique et professeur d’arabe littéraire.
*Cet Article fut écrit à l’origine pour Les Cahiers Rationalistes. À l’issue d’un débat houleux au sein de la rédaction, et contre l’avis d’Alain Policar, le directeur de la publication, et de Jean-Philippe Catonné qui soutenaient Anne-Marie Delcambre, ce texte fut refusé à l’écrasante majorité.
La lâcheté de certains de nos contemporains nous aura au moins permis de vous faire découvrir cette passionnante étude et de compter désormais parmi nous ce courageux chercheur.

La Rédaction. 
1 Il s’agit surtout de l’Europe occidentale, les Pays-Bas, la Belgique, l’Allemagne, la France en particulier.
2 Alain Besançon, préface au livre de Jacques Ellul « Islam et judéo-christianisme », PUF, 2004, p 26
3 Le succès de livres iconoclastes concernant l’islam tend à prouver que l’opinion publique n’est pas entièrement convaincue par les arguments de ces intellectuels religieux ou athées islamophiles, mais que la peur d’être traité de raciste et d’islamophobe freine les réactions. La judéophobie qui est devenue de plus en plus forte dans certains quartiers a conduit certains milieux juifs à réagir, ce qui a un peu libéré les individus de cette chape de plomb qui s’était abattue sur eux. Mais il est vrai que la crainte de dénoncer le caractère violent de l’islam obéit à un souci de paix publique au détriment de la vérité scientifique. Or, une société laïque a le devoir de mettre en garde contre le danger des textes religieux pris à la lettre.
4 Cité par Alain Besançon, p204
5 Marie Thérèse Urvoy m’a fait remarquer que dans l’ouvrage « Enquêtes sur l’islam, Editions Desclée de Brouwer,2004, p 319 , note 38, le père Borrmans parle de nombreux intellectuels courageux et il cite Tariq Ramadan, « Islam, le face-à-face des civilisations (Quel projet pour quelle modernité?) Lyon, Tawhid, 1995
6 Jacques Ellul, op. cité p45
7 Pierre-André Taguieff «La république enlisée», Editions Des Syrtes, 2005
8 Voir l’excellente étude de Daniel Sibony «Nom de Dieu», Seuil 2002
9 Jacques Ellul, agrégé de droit, historien, sociologue et théologien protestant est décédé en 1994 à l’âge de 82 ans. Il nous a laissé une œuvre considérable (53 ouvrages et un millier d’articles traduits en une dizaine de langues). Enseignant à l’université de Bordeaux, ses cours sur l’Histoire des institutions ne laissaient jamais les étudiants indifférents. En 1991 paraissait «Ce Dieu injuste, théologie chrétienne pour le peuple d’Israël». Il souligne «Lorsque les chrétiens tombent dans la violence et l’antisémitisme, ils sont en contradiction avec leur texte fondateur, ce qui n’est pas le cas de l’islam»

BIBLIOGRAPHIE
Alain Besançon, «Trois tentations dans l’Eglise», Calmann-Levy, 1996
Jean-Luc Brunin, «L’islam... tout simplement», Les Editions de l’Atelier, Editions ouvrières, 2003
Jean Delumeau, «Un christianisme pour demain (Le christianisme va-t-il mourir?), Hachette Littératures, 1977
Christian Destremau et Jean Moncelon, «Massignon», Paris, Plon, 1994
Anne-Marie Delcambre, Joseph Bosshard et Alii «Enquêtes sur l’islam», Desclée de Brouwer, 2004
Jacques Ellul, «Islam et judéo-christianisme», PUF, 2004
Pierre-André Taguieff, «La République Enlisée», Editions Des Syrtes, 2005
Guy Lafon, «Abraham ou l’invention de la foi», Seuil, 1996
Blanche de Richemont «Eloge du désert», Presses de la Renaissance, 2004
Daniel Sibony, «Nom de Dieu», Seuil, 2002


© Anne-Marie Delcambre pour Libertyvox 
Article paru le 04/05/2005