Joli et triste poeme d'Anne Kerjean

DIMANCHE 21 AOÛT 2011

Mon Pays Cathédrale

Je me souviens de ma vie en France...
Du temps où je vivais dans un pays,
dont on m'avait dit, qu'il était le mien.

A une époque, où les Français me ressemblaient,
et je leurs ressemblais.
Nous parlions la même langue.
Nous nous comprenions.
Nous allions prier Dieu à la Cathédrale,
les uns à côté des autres, en silence.

Nous nous disputions pour des riens
et riions avec sérieux,
autour d'une table bénie.
Dans le Pays qui était le mien,
j'étais heureuse, cela c'est su.

Aujourd'hui, j'ai un frère comme mille.
Il me faut l'adopter, m'a t-on dit,
mais il m'est étranger.
Il parle la "langue Mondiale".
Je ne la comprends pas.
Il érige de drôles de Cathédrales,
pour un autre Dieu,
dont il m'affirme qu'il est aussi le mien.

Nous nous disputons avec sérieux.
Il rit, en me disant que demain,
il priera dans ma Cathédrale,
car elle sera sienne.

Mon Pays, ma belle Cathédrale,
tu m'élevais l'âme vers la Croix,
tu me nourrissais du Pain des Anges.
Mais, ai-je jamais eu un pays ?
Ai-je eu des frères et des sœurs de sang ?
Ai-je eu un pays, une âme, une mère, une Église ?
Marie ?

Mon esprit se trouble.
On me transperce la mémoire
pour me tuer le souvenir
de l'Histoire de son Royaume.
Mon Pays a disparu,
le Monde me l'a volé avec des mots.
Sans mot dire, sous peines médiatiques,
dans le bruit et la fureur,
j'ai crié comme au désert.
J'ai prié comme au Jardin des Oliviers.
Mon frère, qu'es-tu devenu ?
Complice du Prince humaniste ?
Judas au pouvoir ?
Victime terroriste ?
Artiste aux œuvres putrides ?
Scientifique prométhéen,
dont les chimères viennent au Monde,
à la gloire du créateur immonde ?

Et le foetus-cancer atteint la matrice,
dans une funeste libération, tu te crois guérie,
grâce aux lois, des faux docteurs de ce Monde.

Mon Dieu, sauvez-moi
du mensonge des hommes,
et de ses abominations,
Vous que j'ai rencontré,
Vrai Dieu et Vrai Homme,
Vous qui avez entendu mon cri,
dans la Cathédrale, de mon bon Pays.

Un péché grave me tourmente.
Dans mon cœur, je le confesse,
aux nouveaux prêtres de ce Monde,
j'aime mon pays et mes frères de sang.
Mes larmes coulent, sans repentance.
Je suis damnée dans ce Monde,
exilée dans cet étrange Pays.

Mais où sont mes frères de sang ?
Je n'en vois plus qu'un petit reste.
Les autres sont devenus des sœurs étranges.
Sœur, qu'as-tu fait à mon frère de sang ?

La Croix,Trône de mon Roi,
d'un linceul de mensonges est recouverte,
comme au soir du Vendredi Saint.

Le sang coule en Asie et en Orient,
de nouveaux frères spirituels,
aujourd'hui au pied de la Croix,
le Christ me les donne pour me consoler,
de la trahison de mes frères de sang.

Comme au Dimanche de Pâques,
telle est ma Foi,
le Roi des rois ressuscitera,
Mon Pays Cathédrale.

anne.kerjean

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Très beau poème à l'image de cette adorable Femme.