La parole à Samantha Gemeir : affaire Roman Polansky



A lire sur le livre de Samantha Geimer :

http://elisseievna-blog.blogspot.fr/2013/11/a-lire-samantha-geimer-victime-de-roman_10.html


Après un fil de discussion très controversé et traversé de violence sur l'affaire Polanski, je voudrais préciser que je condamne et que j'ai toujours condamné l'acte de viol commis par Polanski, sans lui trouver de circonstances atténuantes. Et que je trouve inacceptables les divers arguments utilisés pour sa défense par Lang ou Finkielkraut.
J'ai voulu simplement poser deux questions:
1) un homme qui a commis un viol une fois devient-il jusqu'à sa mort "un violeur" ? Sa vie entière, son histoire, son identité, sont-elles désormais résumées par la proposition "c'est un violeur"? Ma réponse est Non.
2) une femme qui a subi un viol reconnu en tant que tel par le violeur (c'est capital) devient-elle pour sa vie entière une "victime de viol"? Ma réponse est Non.
Je lie ces deux questions car elles me semblent inextricables.
J'ai toujours, durant mon parcours féministe, articulé étroitement oppression et résistance. J'ai toujours refusé de voir les femmes comme des victimes. Je les (nous) ai toujours considérées comme des sujets empêchés de réaliser pleinement leur (notre) humanité à cause de l'idéologie de genre, mais pouvant y résister et se construire.
Une femme qui a subi un viol a été considérée et traitée comme un objet de pulsion. Mais elle ne l'EST pas. Elle peut se reconstruire, d'autant mieux si on l'aide à se vivre comme pleinement sujet de sa vie.
Seule une personne assassinée ne peut plus résister au statut d'objet auquel un autre l'a réduite, et à jamais.
Je suis opposée à la démarche victimaire dans tous les domaines. Elle est aliénante et toxique.
Nous voyons les ravages qu'elle exerce chaque jour sur les musulmans par l'entremise des islamistes.
(Commentaire de Elisseievna : les "islamistes" sont des musulmans, Mahomet était un "islamiste".)

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