Hamid Zanaz à la librairie l’Insoumise de Rouen


Hamid Zanaz à la librairie l’Insoumise de Rouen

Ce samedi 24 avril, l’équipe de la librairie l’Insoumise invitait dans une salle associative de Rouen Hamid Zanaz, auteur du livreL’Impasse islamique, la religion contre la vie, édité par nos amis des éditions libertaires. Journaliste arabophone, il collabore, entre autres, au journal en ligne alawan (littéralement : Il est temps de changer) édité par la Ligue des rationalistes arabes.
Comme souvent, ce fut l’occasion de belles rencontres même si ces dernières ne sont pas toujours là où on les attend.

Une rencontre insolite
À la question « L’Islam est-il réformable ? Est-il soluble dans la démocratie ? », Hamid Zanaz répond : « Non ! Le texte est là pour imposer la loi d’un Dieu qui dépasse la loi des hommes. » Il en fait la démonstration dans son livre. Bien évidemment, c’est sur ce point que cela coince avec deux hommes dans l’assistance qui se présentent comme musulmans pratiquants (l’un, en apparence, plus que l’autre).
Quelques paroles échangées devant le public médusé :
Hamid : Quand tu tues le mouton, si tu vis dans un pays moderne, tu vas le tuer avant de l’égorger pour qu’il ne souffre pas.
Réponse : Ah non ! On n’a pas le droit, mais on aiguise bien le couteau pour qu’il ne sente pas l’estafilade !
Ou encore : Dans le Coran, il est dit que si la femme désobéit à son mari, celui-ci doit la punir et la battre. Que faites-vous ?
Réponse : On ne la bat pas on lui explique gentiment mais fermement…
Conclusion d’Hamid : Vous n’êtes pas de bons musulmans, vous êtes trop « modernes ».
Regard outré chez nos deux visiteurs qui croyaient appliquer les sourates à la lettre, bien que l’un d’eux nous ait avoué qu’il faisait sa prière cinq fois par jour, mais sans savoir ce qu’il disait, ne comprenant pas l’arabe.
Pour Hamid, la question n’est pas dans l’interprétation des textes, elle est dans le fait qu’au XXIe siècle, on se réfère encore à un texte pour guider sa vie. Toutes les interprétations disent en gros la même chose : le Coran porte en lui les germes d’une guerre entre hommes et femmes, jeunes et vieux, musulmans et non musulmans… Ne parlons pas des apostats ou des athées livrés aux flammes de l’enfer, où l’on pourrait bien les précipiter si Dieu ne s’en charge pas assez vite.

Rencontre ratée avec des gauchistes
Ceux-ci, en particulier Ras le Front, avaient fait circuler des mails assassins dénigrant le choix de la librairie l’Insoumise d’inviter Hamid Zanaz au prétexte que ce dernier a fait paraître des articles dans le journal en ligne Riposte laïque.
On peut certes s’interroger sur la ligne éditoriale de Riposte laïque, qui semble se complaire à associer immigration et délinquance depuis quelque temps ou à faire l’amalgame entre un journaliste libre et quelques individus qui ont fait un choix discutable, mais l’attitude de ces « gauchistes » démontre un raccourci idéologique dangereux.
Le minimum, après avoir lancé ces mails sur la petite place militante rouennaise, aurait été de se présenter à la réunion pour rencontrer l’auteur mis en cause et dialoguer avec l’équipe organisatrice. Mais cela n’a pas effleuré nos contempteurs qui ont préféré courageusement épandre leur verve sur le net, plutôt que de rencontrer les gens.

Une formidable rencontre humaine
Nous avons rencontré là quelqu’un de chaleureux et de courageux, prêt au dialogue avec n’importe qui, mais sans concession et avec des convictions bien ancrées.
Ce qui guide son combat, c’est la dénonciation d’une religion qui, comme les autres, détourne l’individu de la raison et de l’intelligence, amène des déviances et fomente la haine au sein des populations ou entre les pays. Mais une religion, qui, plus que les autres actuellement, veut imposer un projet politique de recul de la laïcité et des cultures par la banalisation et la visibilité permanente, notamment dans l’imposition du voile aux femmes et aux jeunes filles.
L’islam a un projet politique derrière lequel s’engouffrent les autres religions envieuses de sa relative réussite pour à leur tour faire reculer les droits et la laïcité.
Ce qui guide son combat, ce sont ces bons Français qui, par souci d’« équité », ne peuvent pas concevoir que l’on puisse être Arabe et non-musulman. Ceux qui, systématiquement, proposent de la viande halal aux petits Mohamed dans les cantines scolaires, ceux qui refusent à des femmes des rendez-vous médicaux avec un médecin homme, sans même qu’elles l’aient demandé, sous prétexte qu’elles s’appellent Fatima ou Malika… Ces gens de gauche bien-pensants qui, pétris d’une sorte de culpabilité postcoloniale, ont une conception particulière des droits de l’homme, variant au gré d’une culture, d’un lieu, d’une époque et en viennent à renier leurs principes pour une prétendue meilleure accointance avec les populations banlieusardes ou immigrées.
Que savent-ils de ces filles qui refusent de se cacher, sous prétexte qu’elles vivent dans des banlieues ? De ces garçons qui voudraient penser par eux-mêmes, s’exprimer ou vivre librement leur homosexualité ? Que savent-ils de ces Algériens et Iraniens qui se battent pour la liberté dans leur pays ? De ces Palestiniens qui voudraient avoir d’autres choix que l’occupation israélienne ou le gouvernement islamique du Hamas ?
Bien sûr, personne ne nie le fait que les immigrés, musulmans ou pas, font partie des plus fragiles et font les frais des inégalités sociales et de la politique sécuritaire. Faut-il ignorer pour autant qu’ils sont souvent les premières victimes d’élites religieuses qui surfent sur la misère ou le conflit israélo-palestinien pour asseoir leur diktat ?
Que ce soient les intellectuels qui veulent moderniser l’islam pour en faire un projet de société incontournable, compatible avec nos sociétés modernes, ou ces militants et élus de gauche et de droite qui ont renoncé aux valeurs universelles des droits de l’homme, tous sont des alliés objectifs des islamistes radicaux.
Seul l’écrasement des religions pourra faire avancer la liberté.
Merci Hamid. Ce fut décidément une belle rencontre !
Virginie Benito

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