Léon Ashkénazi et l'amour de l'étranger



Le plus célèbre des maître de "l'école de Paris" du judaisme après guerre, Léon Ashkénazi
(1922-1996), plus connu sous le totem de Manitou, écrivait, dans ses "Leçons sur la Thora" ( Fondation Manitou 1997- Albin Michel 2007) :

« Si un étranger vient séjourner avec toi. dans votre pays, ne le molestez point. Il sera pour vous comme un de vos compatriotes, l'étranger qui séjourne avec vous, et tu l'aimeras comme toi-même, car vous avez été étrangers dans le pays d'Égypte. » Lévitique XIX-33-34



L’amour de l'étranger

Il s'agit de celui qui se connaît et se reconnaît comme tel. La motivation donnée par le verset en fait foi : « Car vous avez été étrangers dans le pays d'Égypte. »

Souvent, cependant, les Juifs semblent être victimes d'une hypertrophie théorique de la vertu et réclament d'étendre un tel débordement d'amour, sans réciprocité aucune, à l'étranger qui ne se reconnaît pas comme tel !

Bien plus — et nous vivons de telles situations aujourd'hui — des « étran gers » se prétendent être les vrais possesseurs de notre pays [ la France ] et, nous désignant comme des intrus, se trouvent investis théoriquement de la protection d'amour ordonnée par la Thora.

Il faut le dire claire ment : cette torsion de la conscience morale, lourde de tendances suicidaires, est d'origine galoutique [ signifie : en rapport avec l’existence en exil dans la diaspora et non en Israel ] .

À force de nous être crus — en toute bonne foi — « chez nous » alors que nous étions à l'étranger, nous avons tendance parfois à accorder dangereusement cette même bonne foi à ceux qui, sans détours, se proclament souvent nos ennemis et le prouvent par leurs actes.

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