Ida Bauer, jeune fille accusée par Freud


Ida Bauer (1882-1945) 

Ida Bauer avait donné une gifle à un ami de son père, Hans Zellenka, qui tentait de la « séduire ». Le père d'Ida fricotait avec la femme de Hans, Peppina.  Ida est donc doublement victime. Elle risque de troubler les petits arrangements de tout ce beau monde : je me tape ta femme et je te laisse ma fille ... Traitée d'affabulatrice, elle avait été envoyée se faire « soigner » chez Freud. Freud la traite d'hystérique, de jalouse, et lui recommande ... d'accepter Hans pour l'harmonie familiale. (Sigmund Freud : Dora : Fragment d'une analyse d'hystérie (1905)
Pour appuyer son "diagnostic", Freud remarque qu'elle souffrait de toux et d'aphonie .. évidemment, quand personne ne veut vous entendre  ( , on finit par en perdre la parole.... 
Aujourd'hui cela s'appelle "symptome des fausses allégations" ...



"Dans ce cas-là, au moins, dira-t-on, Freud a franchement avoué l’échec de son traitement, puisqu’il ne nous cache pas que sa patiente avait interrompu celui-ci avant qu’il ait réussi à lever ses résistances. Oui, mais Dora était-elle malade de quoi que ce fût? Ida Bauer avait été amenée à Freud par son père pour qu’il la «guérisse» d’un comportement gênant: elle l’accusait, de façon «délirante», de la livrer aux avances sexuelles d’un de ses amis, M. Zellenka, en échange de la complaisance de celui-ci à l’égard de la liaison qu’il entretenait avec sa femme. Freud, tout à son honneur, reconnut le bien-fondé des accusations de la jeune Ida. Cependant, cela ne l’empêcha pas de la taxer d’«hystérie» parce qu’elle avait refusé l’arrangement familial et avait été dégoûtée, à l’âge de 13 ou 14 ans, lorsque M. Zellenka l’avait agressée sexuellement. De même, il interpréta une appendicite qu’Ida avait eue durant son enfance et le fait qu’elle traînait la jambe droite depuis comme des symptômes hystériques, sans considérer un seul instant l’hypothèse beaucoup plus plausible d’un point de vue médical d’une séquelle d’appendicite pelvienne. Quoi qu’il en soit de ce dernier point, on ne peut s’empêcher de penser qu’Ida fit preuve d’une solide santé psychique lorsqu’elle refusa la solution que lui proposait son médecin, laquelle consistait à reconnaître qu’elle avait, pendant tout ce temps, refoulé ses désirs libidineux pour M. Zellenka! De fait, Ida Bauer ne manifesta aucun signe de névrose ou d’instabilité psychique dans sa vie ultérieure. […]"

Dora n’était pas un cas - Mikkel Borch-Jacobsen- 

le Livre noir de la psychanalyse» 


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