Nos intellectuels ne veulent plus de la démocratie


Il est triste de lire certains noms sous un tel texte. Un-e intellectuel-le devrait se réjouir de tout débat, et se faire fort de convaincre, se réjouir que des propos qui lui paraissent faux soient énoncés et d'avoir ainsi l'occasion de les démentir.

A quatre reprises dans leur pétition ils parlent de "vivre ensemble" : "les valeurs du vivre ensemble" , " cultiver le vivre ensemble ", " un vivre ensemble trop fragile ", " les fondements de notre vivre ensemble " : pourquoi s'avèrent ils donc incapables de nous expliquer pourquoi il faut tout à coup nommer "vivre ensemble" ce qui était jusqu'à présent nommé : la paix civile et le respect de la loi, et pourquoi la paix civile est elle autant malmenée depuis que tant de gens en France se réclament de l'islam et de l'afrique ?

Mais nos intellectuels n'ont pas d'arguments à opposer à nombre de ceux qui s'inquiètent de l'islam ou de l'arrivée de populations illetrées par centaines de milliers, ils ne savent que les invectiver, et depuis qu'ils parlent, si nombreux, comme les Suisses, ils ne savent que demander que l'on fasse taire la population.

Le raisonnement tenu par ces intellectuels est terrifiant : parler de l'islam serait dissimuler un racisme anti-arabe, le racisme est un délit, dont cette parole doit être interdite et sanctionné.

Voici Orwell dans toute sa splendeur au grand jour : " le débat c'est le fascisme " " la vigilance antitotalitaire c'est le crime " ...

Le Président de la République avait tenté un coup plutôt filou : une catharsis, faire parler les gens pour leur faire croire qu'ils sont écoutés et leur faire oublier d'agir ; lui et son entourage tablait sur le fait que le peuple soit incapable de penser en dehors du discours des élites intellectuelles médiatisées et se rangerait à leur avis après quelque éclaircissement ...
Un tel pari montre l'ignorance abyssale de la réalité vécue par la population, qui n'a nul besoin d'"avoir fait polytechnique" pour s'apercevoir que dans le discours des élites censé parler de cette réalité " y'a comme un défaut ...".
Le procédé de Sarkozy avait beau être filou, il respectait au moins dans la forme la règle du jeu démocratique. Est ce par opposition à Sarkozy que les signataires de gauche se révèlent prêts à jeter la démocratie à la poubelle ? On aimerait presque le croire. Mais il est évident que non : pour eux le peuple doit être muselé, et c'est tout. Voilà donc la nouvelle identité de la France qui apparait au grand jour : une France dont l'élite trahit.
Il ne reste plus qu'à attendre de voir le sort qui sera réservé à toutes ces belles âmes quand " une catégorie entière de la population" a qui "la figure du musulman" leur aura imposé sa vision du " vivre ensemble", à la mode coranique.

http://www.liberation.fr/societe/0101609703-arretez-ce-debat-monsieur-le-president

«Arrêtez ce débat, Monsieur le Président !»

«Depuis le 2 novembre 2009, la France a été entraînée, malgré elle, dans les tourments d’un débat sur l’identité nationale. (...) les débats sur l’identité nationale sont apparus comme des espaces de libération d’une parole raciste, prompte à remettre en cause, de façon insidieuse ou explicite, la légitimité de la présence sur le sol national de catégories entières de la population.
(... ) Propos violents envers les immigrés et leurs enfants, vision caricaturale des «jeunes de banlieue», obsession autour de la figure du musulman comme euphémisation d’un racisme anti-arabe qui n’ose plus s’exprimer en ces termes: voilà quelles semblent être les principales réflexions qui émergent des réunions tenues sur le territoire. (...)
Face à cette réalité qu’il est inutile de vouloir camoufler, il est tout aussi inutile de sortir la carte du «peuple dont l’expression est légitime». Car, dans notre pays comme dans toutes les grandes démocraties, le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. À cet égard, les propos racistes tenus dans des réunions organisées par les préfectures sont d’autant plus graves que l’Etat vient apposer sa légitimité à l’expression de pensées qui n’ont pas lieu d’être dans l’espace public. (...)

parmi les premiers signataires:
Clémentine AUTAIN, co-secrétaire de la fondation Copernic; Josiane BALASKO, cinéaste; Ghaleb BENCHEIKH, théologien; Pierre BERGE, président de la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent; Jane BIRKIN comédienne; Philippe CASTEL, porte-parole de l’Inter-LGBT; Christian CHARRIERE BOURNAZEL, bâtonnier de l'Ordre des avocats du barreau de Paris; Laurent FABIUS, ancien Premier Ministre, député; Eric FASSIN Sociologue Marek HALTER, écrivain; Anne HIDALGO, première adjointe au maire de Paris; Lionel JOSPIN, ancien Premier ministre; Corinne LEPAGE, députée européen; Jacky MAMOU, président du Collectif Urgence Darfour; Mohamed SIFAOUI, journaliste; Dominique VOYNET, Sénatrice - Maire de Montreuil;

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