Les femmes qui avortent ... : pourquoi la répression sous toutes ses formes est odieuse

Les opinions des féministes sur l'avortement sont en fait assez complexes. Il ne s'agit pas d'être "pour l'avortement " : être pour l'avortement signifierait que certaines vies ne valent pas d'être vécues, n'ont pas de valeur. Le droit à l'avortement est une présentation des droits des femmes dont la définition elle-même n'est pas si simple. Simone Veil pourrait elle aujourd'hui prononcer son discours sans être accusée de vouloir dissuader de l'avortement ? Ce qui m'apparait évident est que la répression de l'avortement fait partie d'un système de répression et d'injustice envers les femmes qui mène justement aux avortements.

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Selon une étude du planning familial

1 IVG sur 4 est liée à une violence

Les conséquences médicales et psychologiques des violences faites aux femmes sont nombreuses et conduisent dans 23% des cas à une IVG. Face à cette détresse, les médecins sont les mieux placés pour libérer la parole.

Publié le 26.11.2012 à 07h45

La parole se libère sur le viol. 313 femmes victimes viennent de signer un manifeste dans le Nouvel Observateur. Elles déclarent, au grand jour, qu’elles ont été violées. A l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes qui s’est déroulé le 25 novembre, les télévisions, les radios et les journaux ont donné la parole à ces femmes qui restent d’habitude dans l’anonymat.

30% des viols sont d'origine conjugale
Ces témoignages  permettent d’en savoir plus sur les violences sexuelles.  Ils donnent  corps à des chiffres qui restaient jusqu’alors désincarnés. Ces femmes disent bien qu’elles ont été agressées par un homme qu’elles connaissaient. C’est le cas huit fois sur dix. Dans 30% des cas, il s’agit même de viols conjugaux. 
Les séquelles du viol commencent aussi à être mieux connues. Une étude menée dans des centres du planning familial a révélé que 23% des femmes demandant une interruption volontaire de grossesse déclarait que « cet » avortement était la conséquence directe d’une violence. « En outre, on sait que les femmes qui ont subi un viol ont tendance à négliger leur santé et donc à moins se protéger contre une éventuelle grossesse, » souligne le Dr Gilles Lazimi, médecin généraliste au centre de santé de Romainville (93) et membre du collectif feministe contre le viol . Le lien entre IVG et violences ne serait donc plus à démontrer, selon les spécialistes.

Si les témoignages se multiplient et si le phénomène des violences sexuelles est mieux analysé, les femmes ne sont pourtant que 10% à porter plainte. Ce taux chuterait même à 1,6% chez celles qui sont victimes de leur conjoint. Comment expliquer ce paradoxe ? 
En fait, il semble que collectivement, ces femmes trouvent le courage de parler mais qu’individuellement, la parole reste encore nouée. C’est pourquoi toutes les spécialistes de la question l’affirment : il faut aller chercher cette parole. Les médecins, dans l’intimité du cabinet, semblent être les professionnels les mieux placés. Dans la pratique, la question des violences sexuelles n’est en fait que rarement abordée. Selon une étude menée récemment auprès d’une trentaine de médecins généralistes d’Ile-de-France, devant une femme ayant un antécédent d’IVG ou qui consulte pour IVG médicamenteuse en ville, ils sont 17% à poser systématiquement la question d’un lien éventuel avec une violence subie. Mais, 27% ne le demandent jamais et 56% parfois.

Ecoutez le Dr Gilles Lazimi, généraliste au centre de santé de Romainville (93) : « Les médecins sont eux aussi victimes des stéréotypes sur le viol ».


Bien sûr, interroger une femme pour savoir si elle a subi des violences sexuelles dans le cadre d’une consultation qui dure environ une dizaine de minutes n’a rien d’évident. D’autant que les signes qui peuvent évoquer un tel traumatisme ne sont pas simples à décoder. Les urologues réunis en congrès du 21 au 24 novembre, ont évoqué cette question. Ils soulignent que ces séquelles de viol sont souvent masquées par d’autres plaintes.

Ecoutez le Pr François Giuliano, urologue à l’hôpital Raymond Poincarré à Garches (92) :« Les abus sexuels sont la cause de symptômes que l'on a du mal à comprendre, comme les infections urinaires. Il faut savoir interroger ces femmes."


C’est pourquoi la nécessité de former les professionnels de santé au recueil de cette parole semble indispensable. « Nous sommes formés à révéler un diagnostic de maladie mortelle parce que c’est très délicat, déclare Gilles Lazimi. Nous devons l’être aussi pour les violences sexuelles. Et à la faculté de médecine, cette question n’est quasiment pas enseignée ». 
Certaines facultés font exception à la règle et montrent l’exemple. C’est le cas de l’université parisienne Pierre et Marie Curie. Mais, les choses pourraient bien changer. A l’occasion de la Journée mondiale contre les violences faites aux femmes, le ministère des Droits des Femmes a organisé en partenariat avec la région Ile-de-France un colloque sur la formation des professionnels travaillant auprès des femmes victimes de violences. Et François Hollande, lui même a annoncé qu'il fallait apporter des « formations spécifiques » aux « policiers, gendarmes, médecins, enseignants... »

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