Pendant que nous faisons du "sport" au lieu de cultiver ... Oiseaux et insectes meurent ...

Les oiseaux français décimés par l’agriculture

Le 20 mars 2018 par Romain Loury


Dans les campagnes françaises, les oiseaux déclinent «à une vitesse vertigineuse», avec une perte d’un tiers d’individus en 15 ans, constatent mardi 20 mars le MNHN et le CNRS. La faute de pratiques agricoles irrespectueuses de l’environnement, en particulier des pesticides, qui minent les chaînes alimentaires.

Menée via le programme de sciences participatives Stoc (Suivi temporaire des oiseaux communs), animé par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), la première étude révèle que la France a vu une fonte de 33% des effectifs d’oiseaux vivant en zone agricole depuis 2001, au niveau national.

LES PERDRIX EN CHUTE DE 80%
L’autre série de résultats, menée sur la Zone atelier «Plaine et Val de Sèvre» du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), confirme ces résultats au niveau local: menée sur 160 points d’écoute suivis depuis 1995 par des chercheurs du Centre d’études biologiques de Chizé (Deux-Sèvres), elle révèle un déclin de 35% pour l’alouette, et de 80% pour la perdrix.
Ces résultats viennent confirmer les résultats d’une étude britannique publiée en novembre 2014, qui estimait à 421 millions le nombre d’oiseaux disparus en Europe depuis 1980, en particulier des espèces aussi communes que le moineau domestique, l’étourneau sansonnet, la perdrix grise et l’alouette.

LA BIODIVERSITÉ COMMUNE EN CRISE
«Cette tendance touche toutes les espèces inféodées au milieu agricole: la biodiversité commune connaît un très fort déclin. Cela aurait été impensable il y a une vingtaine d’années, et pourtant ces espèces souffrent aussi des pratiques de l’homme sur l’environnement, notamment de l’agriculture», explique au JDLE Benoît Fontaine, coordinateur du programme Stoc et chercheur au Centre des sciences de la conservation (Cesco, MNHN/CNRS/université Pierre-et-Marie-Curie).
Comment expliquer un déclin aussi rapide? Pour les chercheurs, c’est l’intensification agricole, particulièrement marquée ces 25 dernières années, qui est responsable de cette catastrophe. Avec deux grandes causes: les changements d’usage des sols, dont les grandes monocultures qui entraînent la disparition d’habitats pour les espèces, et les pesticides.



Biodiversité: l’entomofaune au bord de l’effondrement

Le 19 octobre 2017 par Marine Jobert

En 27 ans, la masse des insectes piégés dans des zones protégées d’Allemagne a chuté des trois quarts. Une quantification inédite de l’effondrement de l’entomofaune, indicatrice et pierre angulaire de la biodiversité. En ligne de mire: les pesticides agricoles.
3 insectes sur 4 auraient disparu en à peine 30 ans, selon une étude publiée dans PlosOne. C’est en comparant la biomasse de l’entomofaune capturée dans 63 zones protégées d’Allemagne entre le début des années 1990 et aujourd’hui que les scientifiques ont constaté qu’elle avait chuté de 76% en moyenne, allant jusqu’à 82% en période estivale. Une comptabilité originale, qui renouvelle les études menées espèce par espèce ou par recensement du nombre d’individus.

L’Europe perd ses oiseaux

Le 03 novembre 2014 par Romain Loury

Depuis 1980, l’Europe a perdu environ 421 millions d’oiseaux, révèle une étude britanniquepubliée dans les Ecology Letters. Premières touchées, les espèces les plus abondantes, et donc les plus importantes d’un point de vue écologique.
C’est l’une des conséquences involontaires de la protection des espèces: se concentrant sur les espèces rares, elle néglige les plus courantes. L’étude publiée par l’équipe de Kevin Gaston, de l’Environment and Sustainability Institute à l’université d’Exeter, en livre une illustration très claire: parmi les 421 millions d’oiseaux que l’Europe a perdus entre 1980 et 2009, 92% font partie des 36 espèces les plus courantes.
Sur l’ensemble des 144 espèces évaluées, le nombre d’oiseaux est passé d’un peu moins de 2,1 milliards à environ 1,65 milliard en 30 ans, selon cette analyse des données de l’association Birdlife International et du réseau Pan-European Common Bird Monitoring Scheme (PECBMS).

Aucun commentaire: